Trump visé par une nouvelle allégation d’agression sexuelle

Par la voix de ses avocats, le président américain a réfuté en bloc cette nouvelle allégation.
Mandel Ngan Agence France-presse Par la voix de ses avocats, le président américain a réfuté en bloc cette nouvelle allégation.

Pour une 26e fois, Donald Trump a fait face jeudi à des allégations d’agression sexuelle, avec le témoignage de l’ex-mannequin et actrice américaine Amy Dorris, qui prétend avoir été victime de comportements déplacés de la part du milliardaire en 1997, alors qu’elle avait 24 ans.

Par la voix de ses avocats, le président américain a réfuté en bloc ces nouvelles allégations publiées par The Guardian au terme d’une enquête minutieuse et a évoqué de possibles poursuites contre le quotidien britannique pour une « publication malveillante » à 46 jours du prochain scrutin présidentiel.

« Les accusations sont totalement fausses. Nous examinerons tous les moyens légaux disponibles pour tenir The Guardian responsable […] de cette histoire sans fondement, a dit Jenna Ellis, conseillère juridique de la campagne de Donald Trump, dans une déclaration officielle. Il ne s’agit que d’une autre tentative pathétique d’attaquer le président Trump juste avant les élections. »

Jeudi, Amy Dorris, aujourd’hui âgée de 48 ans, a indiqué avoir été embrassée de force et caressée sans son consentement par l’actuel président américain en 1997 en marge de l’US Open, qui se tenait à New York.

« Je ne sais pas comment vous appelez ça quand vous enfoncez la langue dans la gorge de quelqu’un », a dit Mme Dorris pour décrire ce que Donald Trump lui aurait fait après qu’il l’eut accostée près des toilettes VIP lors de la compétition de tennis. « J’ai tenté de le repousser. Mais sa prise est devenue plus ferme, ses mains étaient insistantes, partout, sur mes fesses, mes seins, mon dos… », a-t-elle résumé, en ajoutant : « J’étais sous son emprise et je ne pouvais pas m’en sortir. »

À l’époque, Donald Trump avait 51 ans. Il était marié à sa deuxième femme, Marla Maples.

The Guardian dit avoir fait corroborer le récit de Mme Dorris par des amis et par sa mère, qu’elle a contactés peu de temps après l’incident pour leur faire part de l’agression. Des photos de l’ex-mannequin avec Donald Trump témoignent également de leur présence à l’événement en 1997.

Nombreuses allégations

En 2005, dans une conversation informelle captée entre Trump et l’animateur Billy Bush de l’émission Access Hollywood, le magnat de l’immobilier indiquait qu’il aimait abuser de son statut de vedette pour embrasser les femmes de force. « Tu sais que je suis automatiquement attiré par les beautés, disait-il. Je commence toujours par les embrasser. C’est comme un aimant. Juste embrasser. Je n’attends même pas. Et quand vous êtes une vedette, elles vous laissent faire. Vous pouvez tout faire… »

L’enregistrement avait été rendu public au cœur de la campagne présidentielle de 2016 et se terminait par une expression qui avait marqué les esprits : « grab’em by the pussy ».

Cette année-là, Donald Trump a profité de l’appui de 47 % de l’électorat féminin blanc pour faire son entrée à la Maison-Blanche, selon une étude du Pew Research Center.

J’étais sous son emprise et je ne pouvais pas m’en sortir

 

Jusqu’à maintenant, 26 femmes ont accusé Donald Trump publiquement d’harcèlement, d’attouchement et de viol. Les gestes qui lui sont reprochés auraient été posés dans les quatre dernières décennies.

Le groupe est composé de plusieurs ex-mannequins, dont un grand nombre gravitait autour du futur président à la fin du siècle dernier. Rappelons qu’il a été propriétaire de la franchise Miss Univers en 1996 et d’une agence de mannequins, la Trump Model Management, en 1999.

Donald Trump a rejeté chacune de ces allégations en accusant lui-même ces femmes de chercher de la « publicité gratuite ». Dans deux cas, il a également prétendu que ses accusatrices n’étaient « pas assez attirantes » pour dénigrer leurs allégations.

Amy Dorris a dit avoir envisagé d’ajouter sa voix en 2016 au concert d’allégations qui s’est amorcé après la sortie publique d’un groupe de 10 femmes dénonçant tour à tour le candidat républicain pour ses comportements agressifs et ses gestes sexuellement déplacés. Mais elle s’était retenue afin de ne pas nuire à sa famille. Elle est mère de deux jeunes filles.

« Maintenant, mes filles sont sur le point d’avoir 13 ans et je veux qu’elles sachent qu’il ne faut laisser personne vous faire quelque chose que vous ne voulez pas », a-t-elle dit pour justifier sa prise de parole. « Je veux être un modèle. Je veux qu’elles sachent que je ne suis pas restée silencieuse, que je me suis opposée à quelqu’un qui a fait quelque chose d’inacceptable. »

Donald Trump fait face à une poursuite pour viol intentée par la chroniqueuse Jean Carroll du magazine Elle. Les faits se seraient produits entre 1995 et 1996.

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