Nouvelle phase de négociations en vue pour un plan d’aide aux Américains

Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, et son homologue à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.
Photo: Andrew Harnik Associated Press Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, et son homologue à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

La Maison-Blanche et les démocrates pourraient revenir à la table des négociations sur les nouvelles mesures d’aide aux Américains touchés par la crise, après deux semaines de discussions tendues à l’approche de l’élection présidentielle et quatre décrets de Donald Trump.

Les démocrates doivent se montrer « raisonnables » pour qu’un compromis soit trouvé, a dit lundi le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, sur la chaîne CNBC.

« Mais si leur attitude est “nous préférons ne rien lâcher plutôt que de trouver un accord”, alors il n’y en aura pas », a-t-il ajouté, soulignant que le président, Donald Trump, était « déterminé à dépenser ce qui est nécessaire ».

Les élus démocrates au Congrès négocient depuis deux semaines avec le gouvernement Trump un plan d’aide supplémentaire pour les ménages, les entreprises, les écoles et les collectivités locales, éprouvés par les conséquences de la pandémie de COVID-19. Plus de 5 millions d’infections au nouveau coronavirus ont été recensées aux États-Unis.

Mais à moins de trois mois de l’élection présidentielle, les discussions font du surplace. Les démocrates proposent depuis le mois de mai des mesures à hauteur de 3000 milliards de dollars. Les républicains se sont de leur côté mis d’accord fin juillet sur 1000 milliards en dépenses.

Donald Trump a donc signé samedi quatre décrets pour des mesures temporaires, qui prévoient un gel des charges salariales, une allocation de chômage prolongée de 400  par semaine, des protections pour les locataires menacés d’expulsion et un report du remboursement des emprunts étudiants.

Ils risquent toutefois d’être contestés en justice puisque c’est au Congrès que la Constitution américaine confère la plupart des décisions budgétaires du pays.

« Décrets risibles »

« Ces décrets sont risibles », a dénoncé le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, lundi sur MSNBC.

Il a rappelé la proposition de son parti de réduire sa proposition de 1000 milliards de dollars, si les républicains rehaussent la leur d’autant, afin d’aboutir à un compromis de 2000 milliards, ce que la Maison-Blanche a jusqu’à présent refusé.

Mais selon lui, « les républicains pourraient maintenant être prêts à s’asseoir avec nous » pour négocier, car « ces décrets sont simplement considérés au mieux comme inefficaces, au pire comme risibles ».

Chuck Schumer et son homologue à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, « veulent maintenant trouver un accord », s’est moqué lundi dans un tweet le président, Donald Trump. « Où étaient-ils les quatre dernières semaines quand ils étaient “intransigeants”, et voulaient seulement RENFLOUER FINANCIÈREMENT les États démocrates et les villes qui ont échoué ? » leur a-t-il répondu.

Le président américain accuse les démocrates, depuis le début des négociations, de vouloir surtout trouver de l’argent pour les États démocrates, mal gérés selon lui.

L’accord que les deux camps tentent de mettre sur pied contient, entre autres, de nouveaux prêts aux petites et moyennes entreprises touchées par la crise, ainsi que des aides financières pour permettre aux écoles de rouvrir, une priorité de Donald Trump.

« Ne prenons pas en otage nos enfants, ni nos petites entreprises qui ont besoin de se remettre au travail, a souligné Steven Mnuchin. Il y a évidemment une limite à ce que nous pouvons prêter », mais « nous n’y sommes pas encore », a-t-il précisé.

Et alors que des millions d’Américains se retrouvent au chômage, avec souvent peu de perspectives d’embauche à court terme, « nous devons avoir un système de chômage équitable pour les personnes qui ne peuvent pas trouver d’emploi », a précisé Steven Mnuchin.

Un plan titanesque de 2200 milliards de dollars avait été adopté fin mars par le gouvernement Trump et le Congrès, pour aider le pays à garder la tête hors de l’eau, alors que la pandémie s’y étendait.

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