La COVID-19 a fait plus de 130 000 morts aux États-Unis

Les États-Unis connaissent un grave pic de contaminations, qui a poussé plusieurs États à suspendre leur processus de déconfinement.
Photo: Robyn Beck Agence France-Presse Les États-Unis connaissent un grave pic de contaminations, qui a poussé plusieurs États à suspendre leur processus de déconfinement.

Les États-Unis ont dépassé lundi la barre des 130 000 morts du nouveau coronavirus, selon les données de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

Lundi soir, 2 922 000 cas de COVID-19 avaient été comptabilisés aux États-Unis, pour 130 208 décès. Pays le plus touché (en valeur absolue) en nombre de cas diagnostiqués et de morts, les États-Unis connaissent depuis le mois de juin un grave pic de contaminations, qui a poussé plusieurs États à suspendre leur processus de déconfinement, voire à revenir en arrière en fermant les bars.

Le nombre quotidien de contaminations enregistrées a ainsi atteint un record de 57 683 cas samedi. Alors que la barre des 100 000 morts avait été franchie le 27 mai, le président Donald Trump se réjouit que le nombre de morts quotidiens soit en baisse, même si plusieurs experts estiment qu’il pourrait suivre la courbe des nouveaux cas et remonter dans plusieurs semaines.

Progression en Inde

Par ailleurs, l’Inde a annoncé lundi avoir recensé près de 700 000 cas confirmés de la maladie COVID-19 depuis le début de l’épidémie, devenant le troisième pays du monde parmi les plus touchés en nombre de contaminations officielles.

Selon le ministère indien de la Santé, un total de 697 413 cas d’infection au nouveau coronavirus ont été recensés depuis le début de la pandémie, dont quelque 24 000 au cours des dernières 24 heures, pour 19 693 décès.

Seuls les États-Unis et le Brésil recensent désormais davantage de cas déclarés que l’Inde, qui passe devant la Russie.

Le bilan humain est cependant bien moindre pour le deuxième pays parmi les plus peuplés de la planète. Les experts estiment que le pic de l’épidémie n’est toujours pas atteint dans le pays d’Asie du Sud et s’attendent à un million de cas confirmés fin juillet. La propagation du virus est particulièrement virulente dans les grandes villes indiennes de Mumbai, de Delhi et de Chennai.

Un groupe de 239 scientifiques internationaux a appelé lundi les autorités de santé de la planète, et en particulier l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à reconnaître que le nouveau coronavirus peut se propager dans l’air bien au-delà de deux mètres et à recommander par conséquent une ventilation vigoureuse des espaces publics intérieurs.

L’OMS et d’autres organismes sanitaires estiment que le coronavirus est principalement transmis par des gouttelettes projetées par la toux, l’éternuement et la parole directement sur le visage de personnes à proximité, et possiblement par des surfaces où ces postillons atterrissent et sont ensuite récupérés par les mains de personnes saines. Ces gouttelettes sont lourdes et tombent dans un périmètre d’environ un mètre.

D’où la priorité donnée dans les consignes sanitaires à la distanciation physique, au lavage des mains et au port du masque.

Mais des études, sur le SRAS-CoV-2 et d’autres virus respiratoires, ont mis en évidence que des particules virales étaient aussi présentes dans des gouttelettes microscopiques (moins de 5 microns de diamètre) dans l’air expiré par une personne infectée ; plus légères, elles peuvent rester en suspension en intérieur, potentiellement des heures, et être inspirées par d’autres gens. Il n’a jamais été prouvé que ces particules de coronavirus étaient viables et pouvaient provoquer des infections, mais les indices s’accumulent.

« Nous appelons la communauté médicale et les organismes nationaux et internationaux compétents à reconnaître le potentiel de transmission aérienne de la COVID-19 », écrivent dans la revue Clinical Infectious Diseases d’Oxford deux scientifiques, Lidia Morawska, de l’Université de Queensland (Australie), et Donald Milton, de l’Université du Maryland, dans un article signé par 237 autres experts.

À l’heure du déconfinement, il est urgent, plaident les experts, de mieux ventiler lieux de travail, écoles, hôpitaux et maisons de retraite, et d’installer des outils de lutte contre les infections tels que des filtres à air sophistiqués et des rayons ultraviolets spéciaux qui tuent les microbes dans les conduits d’aération.