La COVID-19, troisième cause de décès aux États-Unis

Belinda Brewer, une habitante du Maine, utilise des squelettes décoratifs pour inviter les passants à suivre les règles sanitaires.
Photo: Robert F. Bukaty Associated Press Belinda Brewer, une habitante du Maine, utilise des squelettes décoratifs pour inviter les passants à suivre les règles sanitaires.

Dix jours. Pas un de plus. C’est le temps qu’il a fallu à la COVID-19 pour devenir la troisième cause de décès aux États-Unis, selon l’analyse faite des données du Center for Disease Control and Prevention (CDC) sur la propagation du coronavirus.

Sur une base quotidienne, cette nouvelle maladie tue désormais plus que les accidents, les maladies pulmonaires chroniques, les accidents vasculaires cérébraux, l’alzheimer et le diabète, indique la chercheuse Maria Danilychev, consultante en médecine palliative à San Diego et vulgarisatrice scientifique. « Non, ce n’est pas juste une grippe », écrit-elle sur Twitter, en exposant sa mise en perspective mathématique de la pandémie sur le territoire américain.

Avec 748 morts enregistrés la seule journée du 31 mars, la COVID-19 devient donc un problème de santé publique à « prendre au sérieux », répète-t-elle depuis plusieurs jours. Seuls les crises cardiaques, avec 1774 morts par jour et les cancers, avec 1641 décès quotidiens aux États-Unis, sont plus mortels.

Les prévisions dévoilées par la Maison-Blanche mardi viennent d’ailleurs confirmer cette nouvelle tendance en estimant entre 100 000 et 200 000 le nombre de personnes qui se préparent potentiellement à mourir du coronavirus aux États-Unis dans les prochains mois, dont 80 000 d’ici août prochain. En 2017, les accidents ont été à l’origine de 169 000 décès. « Les deux prochaines semaines pourraient être l’enfer et ensuite nous allons voir heureusement de la lumière au bout du tunnel », a déclaré Donald Trump mardi pour qualifier la suite des choses.

Après avoir enregistré une première vague de 1000 morts la semaine dernière, les États-Unis sont confrontés à une croissance exponentielle du nombre d’infections et de décès liés à la maladie. Au dernier comptage, la COVID-19 touchait 215 417 Américains, dont 5 116 n’y ont pas survécu, selon les chiffres de la Johns Hopkins University.

Le pays est passé en tête des plus touchés par le coronavirus à l’échelle mondiale, avec un nombre de cas deux fois plus élevés qu’en Italie. La population américaine est toutefois 5,4 fois supérieure à l’italienne.

Mercredi, les gouverneurs de la Floride, du Texas et du Mississippi ont ordonné à leurs citoyens de rester à la maison, et ce, au lendemain de l’annonce par Donald Trump que le pire restait à venir. La mesure vise à réduire la propagation du virus limitant les interactions physiques. Douze États ont emprunté ce chemin à ce jour. Donald Trump résiste toujours à réclamer que cette interdiction soit rapidement appliquée de manière uniforme sur l’ensemble du territoire américain.

« Cela ne va pas être facile pour personne, mais nous croyons qu’il s’agit de la bonne ligne de conduite, a résumé Tate Reeves, gouverneur du Mississippi. Certaines personnes n’ont toujours pas peur de ce virus. Elles ont tort et elles risquent des vies en ne prenant pas ça au sérieux. »

Par ailleurs, les députés démocrates du comité de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants ont proposé la création d’une commission indépendante visant à faire enquête sur le niveau de préparation et sur les solutions amenées par le gouvernement américain pour faire face à l’actuelle pandémie et à la crise sanitaire et sociale qui en découle. Cette commission s’inspire de celles qui ont été mises en place après les attaques de Pearl Harbor et du 11 septembre 2001 pour évaluer les erreurs commises par le gouvernement ayant conduit à ces deux tragédies marquantes de l’histoire du pays.

Donald Trump est la cible d’importantes critiques depuis plusieurs mois pour sa gestion impressionniste du problème dans les premières semaines de la crise, mais également pour avoir mis la hache dans l’unité chargée de travailler sur la riposte aux pandémies au sein du Conseil de la sécurité nationale.

Plus de 5000 décès aux États-Unis

Plus de 5 000 personnes sont mortes aux États-Unis du fait de l'épidémie de coronavirus, qui a contaminé plus de 215 000 personnes dans le pays, a annoncé jeudi l'université Johns Hopkins, dont les bilans font autorité.

Un total de 215 417 personnes ont été contaminées aux États-Unis et 5 116 d'entre elles en sont mortes, a indiqué cette université sur son site internet. En 24 heures, 884 personnes ont succombé au COVID-19 dans le pays, ce qui constitue un nouveau record quotidien.

Agence France-Presse