Primaires démocrates: premiers rallyes annulés à cause du coronavirus

C’est la première fois que des rallyes de ce long marathon électoral qui doit désigner l’adversaire de Donald Trump à la présidentielle de novembre sont remis en cause par l’épidémie, qui a fait 28 morts et plus de 800 cas aux États unis.
Photo: Jason Redmond Agence France-Presse C’est la première fois que des rallyes de ce long marathon électoral qui doit désigner l’adversaire de Donald Trump à la présidentielle de novembre sont remis en cause par l’épidémie, qui a fait 28 morts et plus de 800 cas aux États unis.

Le coronavirus est venu mardi perturber pour la première fois la campagne des primaires démocrates, contraignant Joe Biden et Bernie Sanders à annuler des rallyes au soir d’un nouveau rendez-vous électoral dans six États, qui pourrait permettre à l’ancien vice-président de prendre un avantage décisif sur son rival.

Joe Biden, champion du camp modéré et désormais grand favori, ainsi que Bernie Sanders, sénateur socialiste qui défend des idées plus à gauche, ont tous les deux annoncé l’annulation de leurs réunions publiques prévues mardi soir à Cleveland, dans l’Ohio, un État appelé à voter dans une semaine.

Les deux septuagénaires ont invoqué le principe de précaution, assurant avoir suivi les recommandations des autorités locales.

C’est la première fois que des rallyes de ce long marathon électoral qui doit désigner l’adversaire de Donald Trump à la présidentielle de novembre sont remis en cause par l’épidémie, qui a fait 28 morts et plus de 800 cas aux États unis.

Mardi, plusieurs millions d’Américains étaient appelés aux urnes dans le Michigan et cinq autres États.

« Cela va être une MAUVAISE journée pour Bernie-le-dingue », a prédit le président républicain qui suit la campagne avec attention.

Fort de son spectaculaire rebond il y a une semaine et de sondages flatteurs, Joe Biden, 77 ans, espère creuser son avance face au sénateur du Vermont, 78 ans.

Si son élan se concrétise, les primaires démocrates pourraient se décanter rapidement.

Lors d’une visite d’une usine Fiat Chrysler en construction à Detroit, l’ancien vice-président de Barack Obama, connu pour ses gaffes à répétition et ses emportements, s’est lâché face à un ouvrier qui l’accusait d’attaquer le droit des Américains à détenir des armes.

« Arrête tes conneries », lui a-t-il lancé, une scène immédiatement devenue virale sur les réseaux sociaux.

Idaho, Mississippi, Missouri, Dakota du Nord, Washington : cinq autres États s’expriment mardi, mais tous les yeux sont rivés sur le Michigan, où Bernie Sanders avait créé la surprise face à Hillary Clinton lors des primaires de 2016.

Au-delà des 125 délégués en jeu, le résultat dans cet État industriel de la région des Grands Lacs aura une dimension symbolique.

Si Bernie Sanders, qui prône une « révolution politique », parvient à renouveler l’exploit, il peut espérer se relancer. Mais si, comme le prédisent les sondages, il est vaincu dans cet État, il pourrait devoir dire définitivement adieu à ses rêves de Maison Blanche.

À Detroit, plus grande ville du Michigan, nombre d’électeurs avaient bravé le froid et la nuit pour se rendre tôt aux urnes lors de ce « Mini Mardi », une version réduite du « Super Mardi » du 3 mars, lorsque 14 États étaient en jeu.

Cecilia Covington, artiste de 61 ans, affichait un soutien sans faille à Joe Biden en votant dans l’école primaire de Chrysler, dans le centre-ville.

« Nous devons chasser le 45e (président) du pouvoir », a-t-elle expliqué à l’AFP, évoquant Donald Trump. « Je pense que Biden porte une vision et une promesse de rassemblement », a-t-elle ajouté, se disant convaincue qu’il est le mieux placé pour battre le milliardaire républicain.

La « constance » de « Bernie »

À l’exception d’Elizabeth Warren qui n’a pas fait connaître sa préférence, les anciens grands candidats démocrates se sont ralliés à l’ancien vice-président : Michael Bloomberg, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar, Kamala Harris et Cory Booker.

Tous appellent les démocrates au « rassemblement » derrière lui pour éviter que Donald Trump n’emporte un second mandat de quatre ans.

Pour Frank Anderson, ingénieur informatique de 24 ans, un sursaut de « Bernie » reste cependant possible.

« En 2016, ils nous donnaient déjà perdants, alors je suis plein d’espoir », a-t-il expliqué à l’AFP à Détroit, louant « la constance » du sénateur du Vermont.

Le programme de gauche de Bernie Sanders, sur l’assurance maladie ou la gratuité des études, est perçu comme « révolutionnaire » aux États-Unis et l’institution démocrate craint qu’il n’effraie les électeurs centristes.

Conscient que son âge pouvait être un handicap, même si son adversaire est plus âgé que lui, Joe Biden s’est présenté comme un « pont » vers une nouvelle génération de dirigeants démocrates.

« Il y a une nouvelle génération de leaders que vous voyez derrière moi. Ils sont l’avenir de ce pays », a-t-il lancé lundi soir en présence de Kamala Harris, Cory Booker et Gretchen Whitmer, la gouverneure du Michigan qui lui a apporté son soutien.

De son côté, Bernie Sanders a épinglé les déclarations « stupides » de Donald Trump sur le nouveau coronavirus, en profitant pour vanter ses promesses d’assurance-maladie universelle qui donnerait à chaque Américain « un droit à la santé ».