Des caucus restés sans voix

<p>Le caucus de l’Iowa est un moment attendu qui donne le coup d’envoi de la campagne électorale américaine, tout en traçant la trajectoire des candidats de l’opposition qui aspirent au siège du bureau ovale.</p>
Photo: Nicki Kohl Associated Press

Le caucus de l’Iowa est un moment attendu qui donne le coup d’envoi de la campagne électorale américaine, tout en traçant la trajectoire des candidats de l’opposition qui aspirent au siège du bureau ovale.

Les habitants de l’Iowa se sont couchés tard lundi soir sans savoir qui, des candidats à l’investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2020, a remporté les caucus dans cet État du Midwest.

Le Parti démocrate n’a pas été en mesure de rendre publics les résultats des caucus qui se sont tenus à la grandeur de l’Iowa, en début de soirée, comme il le fait normalement. Le « manque de constance » dans les résultats transmis électroniquement par les 1700 points de vote à travers l’Iowa a été invoqué par les dirigeants de la formation politique pour expliquer ce silence qui a pris candidats et analystes de court. Le problème technique n’aurait pas été causé par une attaque ou un piratage informatique, ont-ils assuré.

Le caucus de l’Iowa est un moment attendu qui donne le coup d’envoi à la campagne électorale américaine, tout en traçant la trajectoire des candidats de l’opposition qui aspirent au siège du Bureau ovale.

Sans résultats, les principaux candidats dans cette course ont toutefois pris la parole devant leurs partisans tard en soirée pour revendiquer, tous à leur manière, la victoire.

« Quelle soirée !, a lancé Pete Buttigieg devant une salle remplie de partisans à Des Moines. Nous ne connaissons pas les résultats. Mais nous savons déjà que l’Iowa a fait trembler le pays. Nous allons aller au New Hampshire victorieux », a-t-il assuré. L’ex-maire de South Bend, dans l’Indiana, est arrivé en tête dans au moins un caucus de la capitale de l’État où il a été très présent dans les derniers mois. Elizabeth Warren s’est aussi démarquée par un appui massif dans le caucus tenu au sein de la Drake University.

« Notre pays ne peut pas avoir quatre autres années de ce président, a dit Amy Klobuchar, tout en estimant également avoir remporté le vote populaire lundi soir en Iowa. L’Amérique a un plus grand cœur que l’occupant actuel de la Maison-Blanche », a-t-elle dit.

« Nous ne pouvons pas permettre à Donald Trump d’être réélu. C’est l’esprit de notre pays qui est en jeu. C’est notre démocratie qui est en jeu », a pour sa part lancé Joe Biden, alors que Bernie Sanders a martelé ses lignes de campagne, en assurant que les informations dont il disposait indiquaient un très bon résultat pour son équipe lors de ces caucus. « Nous voulons un gouvernement qui représente tout le monde, pas seulement les riches contributeurs aux campagnes électorales. »

Sans donner de détails, le Parti démocrate a justifié le profond retard dans le dévoilement des résultats de ce scrutin par l’utilisation cette année d’une application pour téléphone utilisée pour transmettre au parti la quantification du vote au sein des caucus. Un problème de transcription aurait forcé le dépouillement à la main dans plusieurs caucus.

L’équipe de Joe Biden a envoyé en milieu de soirée une lettre au parti afin d’obtenir des explications.

Pendant ce temps, le président Donald Trump a remporté l’investiture de son parti en Iowa, 20 minutes à peine après l’ouverture des caucus républicains, avec 96,8 % des voix, loin devant Joe Walsh, un de ses plus fervents critiques, qui n’en a reçu que 1,4 %. Trump a envoyé plusieurs représentants dans cet État lundi pour la tenue de ces caucus, dont ses enfants, Donald fils, Eric et Lara, mais également des membres de son cabinet, comme Mick Mulvaney, ex-chef de cabinet à la Maison-Blanche, Rick Perry, ancien secrétaire à l’Énergie, ainsi que Corey Lewandowski, conseiller pour la campagne de Trump en 2016.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.