Attaques en Arabie saoudite: Pompeo évoque un «acte de guerre» de l’Iran

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a rencontré l’homme fort de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, mercredi, à Djeddah.
Photo: Mandel Ngan Associated Press Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a rencontré l’homme fort de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, mercredi, à Djeddah.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, en visite mercredi en Arabie saoudite, a qualifié l’attaque contre des infrastructures pétrolières du royaume d’« acte de guerre », l’attribuant de nouveau à l’Iran, peu après la présentation d’une enquête saoudienne selon laquelle Téhéran a « incontestablement parrainé » l’attaque.

Dépêché en Arabie saoudite afin de « coordonner les efforts pour contrer l’agression iranienne dans la région », M. Pompeo a réaffirmé que l’Iran était responsable des frappes dévastatrices de samedi, revendiquées par les rebelles yéménites Houthis.

À Djeddah, le chef de la diplomatie américaine a rencontré l’homme fort du pays, le prince héritier Mohammed ben Salmane.

« C’était une attaque iranienne. Ce n’est pas venu des Houthis », a précisé M. Pompeo, en insistant et en évoquant un « acte de guerre » et assurant que « les équipements utilisés ne sont pas connus comme faisant partie de l’arsenal des Houthis ».

Mais les rebelles, soutenus politiquement par Téhéran, ont de nouveau revendiqué les attaques et même menacé de frapper « des dizaines de cibles » aux Émirats arabes unis, alliés de Riyad au sein de la coalition qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement contre la rébellion.

Riyad a de son côté accusé l’Iran d’avoir « incontestablement parrainé » les attaques. Lors de la présentation d’une enquête officielle, le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, Turki al-Maliki, a dévoilé des débris de « drones » et de « missiles de croisière ».

Selon lui, 18 drones et 7 missiles de croisière ont frappé samedi deux sites du premier exportateur mondial de pétrole après avoir été tirés du Nord ; or, le Yémen est situé au sud du royaume.

Le responsable saoudien n’a toutefois pas accusé directement l’Iran d’avoir lancé les attaques depuis son territoire. Une enquête doit déterminer l’origine exacte des tirs, a-t-il dit.

Hesameddin Ashena, conseiller du président iranien, a qualifié cette présentation de « désastre médiatique » pour l’Arabie saoudite, le lieu de fabrication et de lancement des missiles n’ayant visiblement pas pu être établi.

Sanctions américaines durcies

L’Iran dément avoir joué le moindre rôle dans les attaques contre Riyad, son rival régional, qui ont fait baisser temporairement de moitié la production de pétrole.

M. Trump a annoncé mercredi sur Twitter avoir ordonné un durcissement « substantiel des sanctions » contre l’Iran.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a dénoncé des sanctions « illégales » et « inhumaines » contre des « citoyens ordinaires ».

« Il y a beaucoup d’options [pour répondre à l’Iran]. Il y a l’option ultime et il y a des options bien moins élevées que cela », a tweeté M. Trump.

Avant sa rencontre avec M. Pompeo, Mohammed ben Salmane s’est déjà entretenu avec le président russe, Vladimir Poutine, — qui « a appelé à une enquête approfondie et objective » — et avec le chef d’État français, Emmanuel Macron, qui va envoyer des experts pour participer à l’enquête saoudienne. Les Nations unies enverront également leurs experts, selon des sources diplomatiques.

Rohani pourrait ne pas aller à l’ONU, faute de visa

Le voyage du président iranien, Hassan Rohani, à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies « pourrait être annulé », faute de visa délivré par les États-Unis, a écrit mercredi l’agence officielle Irna. La délégation iranienne qui devait s’y rendre pour préparer le terrain à la venue de M. Rohani n’a pas encore été en mesure de faire le voyage. Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, est resté ambigu. « Si vous avez des liens avec une organisation terroriste étrangère… je ne sais pas. Il y a une bonne raison de s’interroger sur la question de savoir s’il faut leur permettre d’assister à des réunions portant sur la paix », a-t-il déclaré.