Trump attaque les médias après les critiques sur les slogans de ses partisans

Mercredi soir, en Caroline du Nord, des partisans du milliardaire républicain, lors d’un de ses meetings, ont visé l’élue musulmane Ilhan Omar en scandant «renvoyez-la!».
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Mercredi soir, en Caroline du Nord, des partisans du milliardaire républicain, lors d’un de ses meetings, ont visé l’élue musulmane Ilhan Omar en scandant «renvoyez-la!».

Donald Trump a attaqué vendredi la couverture médiatique des cris proférés par une centaine de ses partisans, qui ont demandé mercredi de « renvoyer » des États-Unis une élue démocrate d’origine somalienne. « Renvoyez-la ! Renvoyez-la ! » avaient scandé, mercredi soir en Caroline du Nord, des partisans du milliardaire républicain lors d’un de ses meetings, en visant l’élue à la Chambre des représentants Ilhan Omar, l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès américain.

Sous le feu des critiques depuis cette séquence, Donald Trump a répliqué vendredi en dénonçant l’« alliance malsaine » des médias avec ses opposants démocrates, et en qualifiant la couverture médiatique de « dingue ». « C’est incroyable de voir comment les médias sont devenus fous à propos des slogans “renvoyez-la” dans une salle pleine… mais restent totalement calmes et acceptent les déclarations les plus ignobles et écoeurantes faites par les trois élues de gauche radicale », a gazouillé Donald Trump. « Les médias grand public, qui ont perdu toute crédibilité, sont officiellement ou officieusement devenus un morceau du Parti de gauche radicale démocrate », a-t-il poursuivi.

« C’est pathétique à regarder ! »

Donald Trump avait tenté jeudi de se distancier des slogans de ses partisans, sans convaincre : « Cela ne m’a pas plu. Je ne suis pas d’accord avec cela », a-t-il déclaré, assurant — contre toute évidence — avoir essayé de les interrompre en reprenant rapidement la parole.

« Je suis convaincue que c’est un fasciste », a répondu jeudi Ilhan Omar à propos du président américain. « Le cauchemar [de Donald Trump] est de voir une réfugiée somalienne parvenir au Congrès », a-t-elle lancé. « Nous allons continuer à être le cauchemar de ce président, parce que sa politique est un cauchemar pour nous.

La Chambre basse du Congrès américain, à majorité démocrate, avait formellement condamné mardi, lors d’un vote, les « commentaires racistes » de Donald Trump. Pour sa part, la chancelière allemande a jugé vendredi avec une rare véhémence que Donald Trump avait porté atteinte à « la grandeur de l’Amérique » avec ses propos attaquant des élues démocrates issues de l’immigration. « Je veux fermement me distancier [de ces attaques], et je suis solidaire des femmes attaquées », a insisté lors de sa traditionnelle conférence de presse estivale Angela Merkel, qui entretient déjà des relations difficiles avec le président américain. La chancelière a relevé que ce qui faisait la force des États-Unis, c’est justement « que des gens de différentes nationalités constituent le peuple américain ». La force des déclarations de la chancelière allemande tranche aussi avec sa retenue habituelle quant aux questions de politique intérieure dans d’autres pays. Mais le sujet du racisme est extrêmement sensible en Allemagne, qui se pose en modèle de tolérance du fait de son passé nazi.

La première ministre britannique Theresa May avait dénoncé dès lundi des propos « totalement inacceptables », des critiques partagées par les deux conservateurs qui espèrent lui succéder, le chef de la diplomatie, Jeremy Hunt, et le favori, Boris Johnson, pourtant très apprécié du président américain.