L’eau menace encore le sud-est inondé des États-Unis

La pluie s’était arrêtée lundi, mais les précipitations ont fait déborder de nombreux cours d’eau.
Photo: Joe Raedle Getty Images/AFP La pluie s’était arrêtée lundi, mais les précipitations ont fait déborder de nombreux cours d’eau.

De nombreuses régions restaient inondées lundi dans le sud-est des États-Unis, après le passage de l’ouragan Florence, qui a fait au moins 31 morts et causé des dommages qui pourraient atteindre les milliards de dollars.

Florence, désormais rétrogradée en dépression tropicale, devait dévier vers le nord-est, charriant de fortes pluies dans les terres déjà gorgées d’eau de la Caroline du Nord, de la Caroline du Sud et de l’ouest de la Virginie, selon les services météorologiques.

Les autorités redoutaient des glissements de terrain, des ruptures de barrages ou de nouvelles crues de rivières.

« Des inondations importantes sont encore en cours dans certaines parties de l’est et du centre de la Caroline du Nord », ont indiqué les services météorologiques, mettant en garde contre des « risques de glissements de terrain » dans les montagnes des Appalaches.

Dix décès liés aux intempéries ont été confirmés par les autorités de Caroline du Nord et six par celles de Caroline du Sud. Deux autres décès ont été rapportés par la presse.

La pluie s’était arrêtée lundi, mais les précipitations ont fait déborder de nombreux cours d’eau, comme les rivières Neuse et Cape Fear. Des routes ont été coupées, notamment la grande autoroute 95, qui relie le nord et le sud du pays.

480 000
C’est le nombre de foyers qui étaient toujours sans électricité lundi matin, selon le département de la sécurité publique de Caroline du Nord.

Plus de 300 personnes étaient toujours hébergées lundi matin dans un refuge de la Croix-Rouge établi sur le campus de l’Université de Caroline du Nord, près de Raleigh, la capitale de l’État. De nouveaux réfugiés devaient arriver dans la journée en provenance d’autres centres d’accueil contraints de fermer dans les régions plus à l’est, menacées par les inondations.

Lent retour à la normale

Thomas Hammett a quitté depuis bientôt une semaine sa maison d’Otway avec ses deux enfants, Christopher, 3 ans, et Jerry, 11 ans, et tous commencent à trouver le temps long.

« Nous sommes impatients de rentrer à la maison pour reprendre une vie normale, j’espère que ça se fera mercredi », dit-il à l’AFP. Des voisins lui ont dit que sa maison n’avait pas subi de dégâts. « C’est un soulagement », ajoute-t-il.

« Nous avons dû évacuer, car c’était trop dangereux, il y a eu des morts dans le coin », explique le père de famille.

À Fayetteville, en Caroline du Nord, l’eau a envahi les rues bordant la rivière Cape Fear et la circulation restait difficile dans certaines zones.

Sur la côte, la ville de Wilmington, qui avait été frappée de plein fouet par l’ouragan vendredi, restait isolée du reste du pays, toutes les routes menant à la cité de 117 000 habitants étant coupées. Les services d’urgence de l’État ont envoyé 23 camions chargés de rations de survie et de bouteilles d’eau pour ravitailler la population.

Même si les conditions s’améliorent, les autorités ont appelé la population à éviter les déplacements en raison des risques de crues soudaines qui pourraient piéger les automobilistes.

« Le ciel pourrait s’éclaircir pour certains aujourd’hui, mais les eaux des inondations ne devraient pas refluer, ne mettez pas votre vie ni celle des sauveteurs en jeu », ont indiqué les services météo.

« Ça n’est pas fini, pas pour un bout de temps », a averti l’agence de gestion des urgences de Caroline du Sud sur Twitter.

   

Le président américain, Donald Trump, a signé dimanche une déclaration de catastrophe naturelle pour la Caroline du Sud, permettant le déblocage d’une aide fédérale supplémentaire pour les zones frappées par Florence. M. Trump a indiqué la semaine dernière qu’il se rendrait « bientôt » dans les zones touchées. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, doit effectuer lundi un survol des régions inondées.

La tempête a fait « des dégâts importants » dans l’est de la Caroline du Nord, selon le gouverneur Roy Cooper, qui s’est dit dimanche « inquiet des conséquences pour les cultures et les fermes ».

L’industrie agricole, le plus gros secteur économique de l’État, a été « durement frappée » par Florence, a pour sa part dit le sénateur de Caroline du Nord, Thom Tillis, qui a estimé les dégâts à plusieurs milliards de dollars.