«Harvey»: poursuite des évacuations au Texas ravagé

Quintin Sanders est secouru par ses voisins après que son quartier de Beaumont, une ville du Texas, a été inondé par la tempête «Harvey».
Photo: Joe Raedle Getty Images Quintin Sanders est secouru par ses voisins après que son quartier de Beaumont, une ville du Texas, a été inondé par la tempête «Harvey».

Opérations de secours et évacuations se poursuivaient vendredi au Texas, une semaine après l’arrivée de la tempête Harvey dont l’ampleur des dégâts se révélait à la faveur d’une accalmie dans les précipitations et d’un début de décrue.

 

La tempête tropicale, au départ un ouragan de force 4, a jusqu’à présent fait au moins 38 morts, mais le bilan pourrait s’élever, les secouristes craignant de découvrir de nouvelles victimes.

 

Les dommages sont d’ores et déjà évalués en dizaines de milliards de dollars. Une usine chimique inondée suscitait des inquiétudes mais les autorités assuraient que le danger restait limité.

 

Parallèlement, le Centre américain des ouragans (NHC) a annoncé jeudi que la perturbation Irma, actuellement dans l’est de l’Atlantique au large des côtes africaines, était devenue un ouragan « majeur » de catégorie 3 et prévenu qu’il devrait être « extrêmement dangereux ». Il se déplace dans une direction ouest-nord-ouest. La protection civile d’Haïti, à des milliers de kilomètres d’Irma, l’a néanmoins déjà évoquée sur son compte Twitter tout en précisant que sa trajectoire exacte restait à définir pour les prochains jours.

 

Au Texas, des milliers de secouristes et de civils venus à l’aide continuaient de procéder à des évacuations, parfois spectaculaires, dans des villes jusqu’alors isolées en raison des inondations sans précédent provoquées par la tempête.

 

Dans le comté texan d’Orange, à la frontière de la Louisiane, les ordres d’évacuation étaient parfois ignorés des habitants comme Lonnie et Missy Givens qui ont refusé de quitter leur maison, malgré le ballet des hélicoptères et des bateaux autour d’eux.

 

L’eau atteignait 10 cm dans leur maison et l’électricité est coupée. « Nous pensions que ça irait. Nous avions tort », a confié Lonnie. « Nous n’avons nulle part où aller ».

 

Alentour les traces du passage de Harvey restaient bien visibles : arbres déracinés, pylônes électriques arrachés…

 

Hôpital évacué

 

Dans le sillage d’Harvey, la décrue révélait l’ampleur des dégâts matériels qui pourraient atteindre entre 30 et 100 milliards de dollars : maisons immergées jusqu’au toit, caravanes couchées sur le flanc et également noyées, navires de plaisance renversés, entrepôts démolis et aux stocks disséminés sur des kilomètres…

 

Selon la Maison-Blanche, 100 000 foyers ont ainsi été touchés par la catastrophe.

 

Les accalmies dans les précipitations ont permis d’accélérer les hélitreuillages des victimes, souvent à bout de forces et transies par l’humidité, obligées de tout abandonner sauf parfois leur animal domestique.

 

Un hôpital de Beaumont, ville dans le sud-est du Texas, a ainsi été le théâtre jeudi d’un ballet d’hélicoptères auxquels se sont joints les Black Hawks de l’armée pour prendre en charge les plus fragiles des quelque 200 patients de l’établissement, les autres étant évacués par voie terrestre.

 

L’eau potable a été coupée dans la ville en raison de la défaillance du système de pompage et de nombreuses routes sont encore bloquées ont constaté des journalistes de l’AFP.

 

Dans toutes les zones inondées du Texas et de la Louisiane, pompiers et policiers procédaient en parallèle à un harassant porte-à-porte à la recherche de personnes oubliées.

 

Risque chimique

 

Au fléau des inondations s’est ajoutée la peur d’une pollution chimique, après un incendie accidentel dans une usine texane qui libérait un panache de fumée irritante mais pour l’instant sans concentration toxique.

 

Ces produits instables et très inflammables se consumaient dans un site industriel opéré par le groupe français Arkema, autour duquel a été mis en place un périmètre d’évacuation de trois kilomètres. Huit conteneurs menaçaient encore jeudi soir de s’enflammer.

 

Inondée et privée d’électricité donc de capacité de réfrigération de ses matériaux hautement inflammables, l’usine d’Arkema fabrique des peroxydes organiques, un composé entrant dans la fabrication de plastiques.

 

Le feu n’a pas généré « une concentration inquiétante de matériaux toxiques à l’heure actuelle », a affirmé l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

 

Le vice-président en prière

 

Le vice-président Mike Pence s’est rendu à la rencontre de victimes des inondations, dans la bourgade côtière de Rockport, entrant directement en contact avec les habitants, ce que le président Donald Trump n’avait pas fait lors de sa visite mardi.

 

« Le peuple américain est avec vous. Nous sommes ici aujourd’hui. Nous serons ici demain. Et nous serons ici chaque jour jusqu’à ce que cette ville, cet État et cette région soient reconstruits […] mieux que jamais », a déclaré le vice-président.

 

Sa femme Karen a ensuite animé une prière, les résidents entonnant « Dieu bénit l’Amérique », puis M. Pence a enfilé des gants pour aider symboliquement des bénévoles à nettoyer des débris.

 

De son côté, la Maison-Blanche a demandé jeudi au Congrès de débloquer des fonds d’urgence. M. Trump, qui doit revenir au Texas samedi, a lui promis de faire un don personnel d’un million de dollars.

Les peroxydes organiques sont extrêmement inflammables et, en accord avec les autorités, la meilleure chose à faire est de laisser l’incendie s’éteindre de lui-même


 
2 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 31 août 2017 07 h 45

    41 trillions de litres?

    Vraiment? En anglais, 41 quintillon? 41 millions de kilomètres cubes?

  • Daniel Smolla - Abonné 1 septembre 2017 07 h 19

    Il y a trillion (10 exp18) et trillion (10 exp12 ) !

    41 millions de km cubes d'eau paraît invraisemblable. Au sujet du chiffre de 41 trillions de litres d’eau qui a circulé dans la presse, l’unité du trillion utilisée doit sans doute correspondre à celle de l’échelle courte, notamment utilisée dans les publications scientifiques anglo-saxonnes destinées au public. Ceci donne tout de même 41 mille km cubes d’eau… ou encore un cube d’une arête approximative de 34,5 km ! Ce qui demeure colossal…