Washington respecte le «principe de la Chine unique»

Le président chinois, Xi Jinping
Photo: Denis Balibouse / Pool / Agence France-Presse Le président chinois, Xi Jinping

Deux mois après un coup de fil retentissant avec Taïwan, Donald Trump a apaisé la Chine en assurant à son homologue Xi Jinping qu’il respecterait le « principe de la Chine unique » interdisant tout contact diplomatique entre des pays étrangers et le frère ennemi taïwanais.

Lors d’un entretien téléphonique, jeudi soir, « les deux dirigeants ont discuté de nombreux sujets et le président Trump a accepté, à la demande du président Xi, de respecter le principe d’“une seule Chine”», a indiqué la Maison-Blanche.

Cette conversation, la première entre les deux hommes depuis l’investiture de Donald Trump, a été « très très chaleureuse », a souligné vendredi le président américain lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre japonais, Shinzo Abe, à la Maison-Blanche.

« Nous sommes dans le processus de très bien nous entendre, et je pense que cela bénéficiera beaucoup au Japon », a déclaré M. Trump.

Une révision saluée

« Xi Jinping salue la réaffirmation par M. Trump de l’adhésion du gouvernement américain au principe de la Chine unique », a réagi vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué. « Les deux chefs d’État […] ont hâte de se rencontrer le plus tôt possible », a-t-il noté.

Dans un entretien au quotidien Wall Street Journal en janvier, Donald Trump avait indiqué être prêt à remettre en cause le principe, estimant que « tout était sur la table, y compris la Chine unique ». Le principe n’est « pas négociable », avait alors rétorqué Pékin.

Après son élection, mais avant son investiture, M. Trump avait également irrité la Chine en acceptant un appel téléphonique de la présidente de Taïwan, Tsai Ing-wen. La presse d’État chinoise avait alors dénoncé son « inexpérience ».

« Trump avait besoin de temps pour vraiment comprendre cette question de la Chine unique », indique à l’AFP Wu Xinbo, professeur à l’Université Fudan à Shanghai. S’il avait campé sur ses « positions personnelles », « les intérêts américains auraient souffert. [Cet épisode] constitue en quelque sorte sa première leçon en matière de politique chinoise », juge M. Wu.

Taïwan a indiqué vendredi dans un communiqué « très bien comprendre » la position des États-Unis et leur politique en Asie. « Nous exprimons notre gratitude envers l’administration américaine […] pour avoir réitéré son soutien à Taïwan en de maintes occasions », a souligné Alex Huang, porte-parole de la présidence taïwanaise.

Avant l’appel Trump-Xi, « il subsistait un risque réel que les deux parties soient incapables de se parler », estime Ashley Townshend, expert des relations sino-américaines à l’Université de Sydney. Mais beaucoup de conseillers de Donald Trump et l’administration américaine en général restent « méfiants » vis-à-vis de Pékin et le président américain « continuera à être ferme avec la Chine », estime-t-il.

Rencontre «dangereuse» en mer de Chine

Washington — Un avion de patrouille maritime chinois s’est approché à environ 300 mètres d’un avion militaire américain près du récif de Scarborough, dont les Philippines et la Chine se disputent la souveraineté, le 8 février. L’appareil américain conduisait « une mission de routine conforme aux règles internationales », a indiqué le commandement américain. Les États-Unis évoqueront le problème avec Pékin « à travers les canaux diplomatiques et militaires appropriés », selon la même source.