Cleveland, l’une des plus ségréguées

Plusieurs manifestations se sont déroulées dans les rues de Cleveland lundi, première journée de la convention du Parti républicain. Sur notre photo, une manifestation contre la pauvreté, la violence et le racisme, endémiques dans cette ville de l’Ohio.
Photo: Agence France-Presse Plusieurs manifestations se sont déroulées dans les rues de Cleveland lundi, première journée de la convention du Parti républicain. Sur notre photo, une manifestation contre la pauvreté, la violence et le racisme, endémiques dans cette ville de l’Ohio.

La commission d’urbanisme de Cleveland l’écrit sans détour sur son site Web : la ville d’Ohio est l’une des plus ségréguées du pays.

Les Afro-Américains vivent dans l’est de la ville, tandis que les Latino-Américains sont concentrés dans l’ouest. Dans cette ville où 53 % de la population est noire, la couleur de la peau a un impact majeur sur les conditions de vie, si bien qu’entre deux quartiers — l’un « blanc », l’autre « noir », situés à une dizaine de kilomètres l’un de l’autre —, l’espérance de vie peut être raccourcie de 24 ans. Parmi les 76 grandes villes des États-Unis, Cleveland se classe au 6e rang au chapitre des crimes violents par habitant, selon des données du FBI.

Alors que s’ouvre la convention républicaine, divers médias rappellent que le rendez-vous qui doit couronner Donald Trump coïncide avec le 50e anniversaire de l’un des épisodes les plus traumatiques de l’histoire de Cleveland : les émeutes du quartier Hough. La version la plus souvent rapportée des événements du 18 juillet 1966 veut que des Noirs eussent été interdits d’entrée au café Seventy Niners, qui appartenait à un Blanc. Le propriétaire aurait refusé de servir un verre d’eau à un Noir et installé une affiche sur laquelle on pouvait lire « Pas d’eau pour les nègres ». Deux jours après l’éclatement de violences — alimentées notamment par la frustration des victimes d’un programme de rénovation urbaine raté et par l’exaspération des Noirs devant les conditions de vie minables qui leur étaient réservées —, 1700 membres de la Garde nationale ont été appelés sur les lieux. Les émeutes ont pris fin le 25 juillet et fait quatre morts, tous des Noirs.

Plus récemment, la mort de Tamir Rice, un jeune de 12 ans abattu en novembre 2014 par deux policiers parce qu’il tenait un fusil jouet, a suscité l’indignation populaire, surtout quand la décision de ne pas accuser les policiers a été prise, un an plus tard. La mort de Tamir Rice dans les rues de Cleveland est souvent considérée comme le point de départ du mouvement Black Lives Matter. Autre cas médiatisé, celui du procès de Michael Brelo, l’un des policiers accusés d’avoir tiré 137 fois au total sur Timothy Russell et Malissa Williams en novembre 2012, s’est terminé par un acquittement. La poursuite n’est pas parvenue à prouver, hors de tout doute raisonnable, que les 49 balles tirées par l’agent Brelo avaient causé la mort des deux jeunes Noirs.

 

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