Pékin se retrouve sous un nuage de pollution

La pollution atmosphérique s’est nettement atténuée ces dernières années à Pékin, qui doit accueillir les Jeux olympiques d’hiver en février prochain.
Photo: Greg Baker Agence France-Presse La pollution atmosphérique s’est nettement atténuée ces dernières années à Pékin, qui doit accueillir les Jeux olympiques d’hiver en février prochain.

La ville de Pékin a fermé vendredi ses cours de récréation pour cause de pollution atmosphérique, au moment où la Chine accroît sa production de charbon en pleine COP26 sur le changement climatique.

La Chine, premier pollueur mondial, est sous le feu des critiques à la conférence internationale en cours à Glasgow, du fait de l’absence du président Xi Jinping.

Au moment où les États doivent négocier une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, la Chine a annoncé cette semaine qu’elle avait augmenté d’un million de tonnes par jour sa production de charbon.

Le pays, qui dépend à 60 % de la houille pour sa production d’électricité, fait face ces derniers mois à des coupures de courant et a accru en conséquence son extraction de charbon.

Dans ce contexte, un épais brouillard recouvrait vendredi la capitale chinoise, où la visibilité était réduite à 200 mètres par endroits selon la météo nationale. Des sections d’autoroutes à destination des grandes villes du pays étaient fermées pour cause de visibilité insuffisante.

230
C’est l’indice de concentration de particules fines qu’il y avait dans l’air vendredi. L’OMS  recommande toutefois de ne pas dépasser le seuil de 15.

Les autorités locales ont mis le phénomène sur le compte « de conditions météorologiques défavorables et d’une propagation régionale de la pollution », précisant que l’épisode devrait se poursuivre au moins jusqu’à samedi soir.

Mais « la cause fondamentale du brouillard de pollution dans le nord de la Chine, c’est la combustion d’énergie fossile », a assuré à l’AFP Li Danqing, de l’association écologiste Greenpeace.

« Très malsain »

Les écoles de la capitale ont reçu l’ordre de suspendre les cours de sport ainsi que toutes les activités de plein air.

La présence des particules fines était évaluée aux alentours de 230, soit un niveau « très malsain », par l’ambassade des États-Unis à Pékin, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser le seuil de 15.

La pollution atmosphérique s’est nettement atténuée ces dernières années à Pékin, qui doit accueillir les Jeux olympiques d’hiver en février prochain. L’arrivée du froid toutefois a conduit cette année les habitants des régions du nord du pays à allumer précocement le chauffage, alimentant la pollution.

Absent de Glasgow, le président Xi s’est adressé à la conférence via un discours écrit. Il en a profité pour appeler les pays riches à aider davantage les pays en développement à lutter contre le changement du climat.

Il n’a pas annoncé de nouveaux objectifs climatiques pour son pays. L’an dernier, il avait promis que la Chine atteindrait un « pic » d’émissions polluantes en 2030, avant de parvenir à la neutralité carbone en 2060.

Le président américain, Joe Biden, s’en est vivement pris mardi à Xi Jinping, estimant qu’il avait commis « une grave erreur » en ne venant pas en Écosse et que la Chine ne pouvait « prétendre » à un quelconque rôle dirigeant en « tournant le dos » à la crise climatique.

Pékin a qualifié ces propos de « creux ».

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