La répression au Myanmar fait un autre mort

Des centaines d'ingénieurs et d'étudiants ont manifesté dans les rues de Mandalay, deuxième ville du pays.
Photo: Associated Press Des centaines d'ingénieurs et d'étudiants ont manifesté dans les rues de Mandalay, deuxième ville du pays.

Malgré la crainte de représailles, les manifestations se sont poursuivies dans plusieurs villes du Myanmar, dont la deuxième du pays, Mandalay, où des centaines d’ingénieurs se sont rassemblés dans les rues. Un homme de 26 ans présent à l’une des barricades érigées pour ralentir les forces de sécurité est mort après avoir reçu une balle dans le cou, ont raconté à l’AFP des membres du personnel médical. Et ce, 48 heures après la journée la plus sanglante de la répression, mercredi, quand lesforces de sécurité ont tiré sur la fouleet au moins 38 personnes ont été tuées, selon l’ONU.

Les militaires ont cherché à empêcher les informations sur la répression de circuler, multipliant les coupures nocturnes d’Internet et interdisant Facebook, de loin le média le plus populaire au Myanmar. Mais les flux de vidéos en direct et les images fuitent quotidiennement, tandis que YouTube a annoncé avoir fermé plusieurs chaînes web gérées par l’armée.

Les généraux au pouvoir semblent plus déterminés que jamais à éteindre ce vent de fronde soufflant sur le Myanmar depuis le putsch qui a renversé le 1er février le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi. Au moins 54 civils ont été tués dans les violences qui ont suivi, selon l’ONU. On compte aussi des dizaines de blessés. L’armée a fait état, pour sa part, de la mort d’un policier. Sollicitée, elle n’a pas répondu aux multiples requêtes de l’AFP.

L’émissaire de l’ONU pour le Myanmar, Christine Schraner Burgener, a déclaré vendredi au Conseil de sécurité que la « répression devait cesser », sans toutefois aller jusqu’à lui demander des sanctions internationales contre la junte. L’émissaire a rappelé son appel lancé il y a une semaine à la communauté internationale à ne « pas donner de légitimité » au régime militaire. Aucune déclaration commune du Conseil ne sera diffusée ce vendredi, ont dità l’AFP des diplomates sous couvertd’anonymat, évoquant cependant des négociations la semaine prochaine sur un projet de texte britannique.