La communauté internationale condamne le coup d’État au Myanmar

Des personnes ont manifesté à Katmandou lundi contre le coup d'État au Myanmar.
Photo: Prakash Mathema Agence France-Presse Des personnes ont manifesté à Katmandou lundi contre le coup d'État au Myanmar.

Le coup d’État perpétré lundi au Myanmar par l’armée, qui a arrêté la cheffe de facto du gouvernement civil Aung San Suu Kyi et d’autres dirigeants, a entraîné une pluie de condamnations à travers le monde.

Nations unies

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, condamne « fermement » l’arrestation par l’armée d’Aung San Suu Kyi et d’autres dirigeants politiques. Avec « la déclaration du transfert de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires aux militaires », c’est « un coup dur (porté) aux réformes démocratiques en Birmanie ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira d’urgence mardi matin pour se pencher sur la situation dans ce pays.

Les militaires birmans « sont coupables d’une attaque contre une démocratie émergente et le peuple », a accusé Thomas Andrews, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Birmanie, parlant d’« ombre épaisse planant une fois de plus » sur ce pays.

Chine

La diplomatie chinoise appelle les acteurs politiques birmans à « régler leurs différends dans le cadre de la Constitution et des lois afin de maintenir la stabilité politique et sociale ».

États-Unis

« La communauté internationale doit parler d’une seule voix pour exiger de l’armée birmane qu’elle rende immédiatement le pouvoir », a réagi le président Joe Biden, menaçant de réimposer des sanctions.

Russie

« Nous espérons un règlement pacifique de la situation, en conformité avec la loi en vigueur, via la reprise d’un dialogue politique et le maintien du développement socio-économique durable du pays », a déclaré la diplomatie russe.

Union européenne

Le président du Conseil européen Charles Michel réclame « la libération immédiate » des personnes arrêtées, appelant à respecter le résultat des élections.

Le peuple birman « veut la démocratie. L’UE est avec lui », a tweeté le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

France

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dénonce « une remise en cause inacceptable du processus démocratique » et réclame la « libération immédiate et sans conditions » d’Aung San Suu Kyi et de tous les autres responsables politiques arrêtés, appelant « au strict respect des résultats des élections ».

Allemagne

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas demande aux « militaires de libérer immédiatement les membres du gouvernement et du Parlement arrêtés » et de reconnaître le résultat des élections.

Italie

La diplomatie italienne souhaite « la libération immédiate » de tous les responsables arrêtés et que le résultat des élections soit « respectée ».

Espagne

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez demande « la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées et le rétablissement du processus démocratique ».

Autres pays de l’UE

- « Il est clair que les problèmes du pays ne seront pas réglés par un coup d’État militaire », a estimé le chef de la diplomatie finlandaise Pekka Haavisto.

- La ministre suédoise des Affaires étrangères Ann Linde appelle l’armée à « respecter l’État de droit ».

Royaume-Uni

Le premier ministre britannique Boris Johnson réclame la libération des « dirigeants civils arrêtés » dont Aung San Suu Kyi, ajoutant sur Twitter : « le vote de la population doit être respecté ».

L’ambassadeur de Birmanie à Londres a été convoqué par les autorités britanniques.

Inde

« L’État de droit et le processus démocratique doivent être respectés », selon le ministère indien des Affaires étrangères qui fait part de sa « profonde inquiétude ».

Japon

Le ministère japonais des Affaires étrangères exhorte « l’armée nationale à rétablir rapidement le système politique démocratique ».

Australie

« Nous appelons l’armée à respecter l’État de droit, à régler les différends par des mécanismes légaux et à libérer immédiatement tous les dirigeants (politiques) issus de la société civile et les autres personnes détenues illégalement », a déclaré la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne.

Suisse

Le chef de la diplomatie suisse Ignazio Cassis, dont le pays avait aidé en juin à la signature d’un code de conduite par les partis birmans pour des élections pacifiques et une campagne électorale équitable, appelle à « une reprise immédiate du dialogue ».

Turquie

Le gouvernement turc, lui-même cible d’une tentative de putsch en 2016, « condamne fermement la prise de pouvoir par l’armée birmane », selon le ministère des Affaires étrangères qui espère que cela « ne va pas faire empirer la situation des Rohingyas musulmans vivant dans de dures conditions en Birmanie ».

Canada

Le Canada, par la voix de son chef de la diplomatie Marc Garneau, a appelé « l’armée […] à libérer toutes les personnes détenues dans le cadre de cette opération et à mettre fin immédiatement à toutes les entraves au processus démocratique ».

Bangladesh

« En tant que voisin immédiat et amical, nous aimerions voir la paix et la stabilité en Birmanie », souligne le ministère des Affaires étrangères du Bangladesh, pays qui accueille des centaines de milliers de réfugiés rohingyas arrivés de Birmanie.

Singapour

Le ministère singapourien des Affaires étrangères exprime sa « sérieuse inquiétude », espérant que toutes les parties feront « preuve de retenue ».

Comité Nobel

Le comité Nobel norvégien s’est dit « scandalisé » par le coup d’État en Birmanie et par l’arrestation d’Aung San Suu Kyi, la lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, et de plusieurs autres dirigeants, dont il a réclamé la « libération immédiate ».

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