L’Indonésie libère 18 000 détenus pour éviter une contamination

Des détenus (devant) posent pour une photo avec les responsables de la prison après leur libération.
Photo: Ministère indonésien du droit et des droits de l'homme / Agence France-Presse Des détenus (devant) posent pour une photo avec les responsables de la prison après leur libération.

L’Indonésie a libéré quelque 18 000 détenus pour tenter d’empêcher que l’épidémie de coronavirus ne fasse des ravages dans ses prisons surpeuplées, ont annoncé les autorités pénitentiaires jeudi.

« Notre objectif est de libérer quelque 30 000 détenus au total, mais cela pourrait être plus finalement », a noté Rika Aprianti, porte-parole du directoire général des prisons.

« Cela fait partie du projet destiné à éviter la propagation du COVID-19 », a-t-elle expliqué.

Les Nations unies ont exhorté les gouvernements à relâcher les détenus les plus vulnérables, un appel suivi la semaine dernière par l’Afghanistan, où les autorités ont annoncé la prochaine libération quelque 10 000 prisonniers.

Les remises en liberté concernent de jeunes détenus, et des adultes qui ont purgé au moins les deux tiers de leur peine. Les détenus libérés doivent se mettre en quarantaine pendant deux semaines après leur libération.

Firdaus, un pêcheur qui avait été emprisonné en 2017 sur l’île de Célèbes pour avoir volé une bague en or, fait partie de ceux qui ont retrouvé la liberté.

« J’avais peur d’être contaminé en prison, d’autant plus que quand les gardiens passent on ne sait pas avec qui ils ont été en contact », explique à l’AFP l’homme de 33 ans, qui devait sortir en novembre.

« Mais je ne suis pas heureux parce que je pense aux amis que j’ai laissés », en prison, relève-t-il.

Le système pénitentiaire indonésien compte 522 prisons pour quelque 270 000 détenus. Les évasions sont fréquentes et les prisons souvent décriées pour leurs conditions déplorables.

Amnesty International a salué ces remises en liberté mais a appelé le gouvernement à s’assurer que les « prisonniers de conscience » et les détenus les plus âgés en bénéficient aussi.

« Ils sont vulnérables au COVID-19 et par humanité ils doivent être libérés », a plaidé le directeur d’Amnesty International pour l’Indonésie, Usman Hamid. « Les mauvaises conditions de détention, et notamment le manque d’accès à de l’eau saine et la surpopulation seront exacerbées par l’épidémie », a-t-il prévenu.