Accalmie rompue à Hong Kong par des affrontements dans des centres commerciaux

Les policiers antiémeutes ont usé de gaz poivre et procédé à des arrestations dans au moins deux centres commerciaux, sous les huées de passants.
Photo: Philip Fong Agence France-Presse Les policiers antiémeutes ont usé de gaz poivre et procédé à des arrestations dans au moins deux centres commerciaux, sous les huées de passants.

La police de Hong Kong a procédé à des arrestations et utilisé du gaz poivre dimanche face à des manifestants prodémocratie dans des centres commerciaux, rompant une accalmie des violences.

Des mobilisations éclair de militants vêtus de noir ont eu lieu dans divers endroits, s’accompagnant d’actes de vandalisme. Les policiers antiémeutes ont usé de gaz poivre et procédé à des arrestations dans au moins deux centres commerciaux, sous les huées de passants.

Des reporters de l’AFP dans le centre commercial de Shatin ont vu l’arrestation d’une élève d’école secondaire et d’un adolescent de 16 ans, criant leur nom alors que la police les emmenait.

Une dame âgée avait été renversée plus tôt dans l’après-midi après une dispute qui avait éclaté quand un homme avait tenté d’empêcher des militants de peindre des graffitis dans le même centre commercial.

Des militants masqués ont également saccagé des restaurants gérés par Maxim’s, un géant de la restauration appartenant à un magnat qui est devenu une cible fréquente parce que sa fille a critiqué le mouvement prodémocratie.

Ces altercations sont les premières après trois semaines d’accalmie dans les violences entre manifestants et policiers, à la suite de la victoire écrasante des prodémocratie aux élections locales du 24 novembre.¨

Par ailleurs, un millier de personnes agitant des drapeaux chinois se sont rassemblées dimanche dans un parc pour soutenir les forces de l’ordre de la cité.

L’ex-colonie britannique traverse depuis juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des manifestations monstres et des actions coup de poing, souvent accompagnées d’affrontements avec la police, pour exiger des réformes démocratiques ou demander une enquête sur le comportement de la police.

Dimanche dernier, quelque 800 000 manifestants prodémocratie selon les organisateurs (183 000 selon la police) avaient défilé sans incident notable.

Carrie Lam, la chef de l’exécutif, est actuellement à Pékin, où elle doit rencontrer lundi le président chinois Xi Jinping.

Le mouvement est né d’un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. L’exécutif local pro-Pékin a renoncé à ce projet, mais les manifestants ont élargi leurs revendications pour obtenir des élections libres et plus de démocratie face à une mainmise grandissante de Pékin.

Le mouvement a eu un impact sur le tourisme et l’économie du centre financier, entré en récession. L’aéroport de Hong Kong a fait état dimanche d’une chute de 16 % du nombre de passagers en novembre, par rapport au même mois l’an dernier.