Sri Lanka: un suspect principal des attentats identifié

<p>Dans ce pays de 21 millions d’habitants, au moins 74 personnes ont été interpellées depuis les attaques-suicides qui ont fait 253 morts dimanche.</p>
Photo: Eranga Jayawardena Associated Press

Dans ce pays de 21 millions d’habitants, au moins 74 personnes ont été interpellées depuis les attaques-suicides qui ont fait 253 morts dimanche.

Le Sri Lanka a annoncé vendredi que le chef du groupe accusé des attentats djihadistes de Pâques, Zahran Hashim, a péri en perpétrant l’une des attaques suicides qui ont fait 253 morts dans l’île d’Asie du Sud, où les tensions restent vives.

Activement recherché par les autorités depuis cinq jours, Zahran Hashim était le chef du National Thowheeth Jama’ath (NTJ), mouvement djihadiste local accusé par Colombo d’avoir perpétré ces attentats dans des églises et des hôtels de luxe dimanche. Son sort était jusqu’ici inconnu et il faisait figure de suspect numéro un dans la chasse à l’homme.

Zahran Hashim a mené l’attaque suicide contre l’hôtel Shangri-La de la capitale avec un second kamikaze, a annoncé vendredi le président Maithripala Sirisena. « Les services de renseignement m’ont dit qu’il était mort durant l’attaque. » Des tests ADN sont en cours pour confirmer son décès, a rapporté à l’AFP un responsable policier.

Zahran Hashim apparaissait sur une vidéo publiée par le groupe État islamique (EI), qui a revendiqué le bain de sang, où on le voyait mener sept hommes dans un serment d’allégeance au chef du groupe EI, Abou Bakr al-Baghdadi. Il était âgé d’une quarantaine d’années et originaire de la région orientale de Batticaloa, lieu de l’une des attaques.

Crise politique

Dans ce pays de 21 millions d’habitants, au moins 74 personnes ont été interpellées depuis dimanche.

« Nous avons maintenant des informations selon lesquelles il y a environ 140 personnes au Sri Lanka liées [au groupe] État islamique, nous pouvons et allons toutes les éradiquer très vite », a lancé le président Sirisena, annonçant qu’une loi allait être votée pour interdire les groupes islamistes.

Pour des raisons de sécurité, les églises catholiques à travers le pays sont fermées jusqu’à nouvel ordre. Certaines mosquées ont annulé les prières du vendredi et celles qui les ont tenues ont souvent accueilli une assemblée clairsemée, sous haute sécurité.

« Nous n’avons pas peur. Nous devons mourir un jour et cela peut survenir n’importe où », a déclaré Reyyaz Salley, directeur de la mosquée Dawatagaha Jumma de Colombo, qui ne comptait vendredi qu’une centaine de fidèles.

Les autorités sont sur la défensive depuis le massacre alors qu’elles disposaient d’informations préalables très précises. Le chef de la police et le plus haut responsable du ministère de la Défense ont déjà dû démissionner.

Une alerte rédigée le 11 avril par le chef de la police, prévenant que le NTJ préparait des attentats, n’a pas été communiquée au premier ministre et à des ministres de haut rang, sur fond de lutte de pouvoir entre le chef de gouvernement Ranil Wickemesinghe et le président Sirisena — qui est également ministre de l’Intérieur et de la Défense.

Le premier ministre Ranil Wickremesinghe s’est excusé vendredi soir, sur Twitter, au nom du gouvernement : « Nous assumons notre responsabilité collective et nous nous excusons auprès de nos concitoyens pour notre échec à protéger les victimes de ces événements tragiques. »