Xi Jinping reconduit à la tête du parti communiste chinois

Xi Jinping devrait être formellement réélu à la tête de l’État en mars prochain. 
Photo: Wang Zhao Agence France-Presse Xi Jinping devrait être formellement réélu à la tête de l’État en mars prochain. 

C’était une simple formalité pour celui qui pourrait désormais se maintenir indéfiniment au pouvoir : Xi Jinping a obtenu mercredi un nouveau mandat à la tête du Parti communiste chinois (PCC), entouré d’une équipe dirigeante sans dauphin présumé pour lui faire de l’ombre.

Conformément à la tradition, Xi Jinping, costume sombre et cravate rouge, est apparu souriant devant la presse, entouré de ses six collègues du nouveau conclave qui va diriger la Chine pendant cinq ans, au lendemain de la clôture du congrès quinquennal du PCC.

« Je prends ma réélection non seulement comme une approbation envers mon travail, mais aussi comme un encouragement qui me poussera à aller de l’avant », a-t-il promis, lors d’une allocution retransmise en direct à la télévision.

Le comité central, sorte de Parlement du PCC, l’a élu à huis clos secrétaire général, aux côtés des six autres membres permanents du bureau politique, l’instance qui détient la réalité du pouvoir en Chine.

Âgé de 64 ans, Xi Jinping a consolidé son pouvoir à la faveur du 19e congrès du PCC qui s’est achevé mardi, obtenant l’honneur suprême de figurer dans la charte du Parti, une distinction que seul le fondateur du régime, Mao Tsé-toung, avait eue avant lui de son vivant.

Chef du Parti, chef de l’État, chef des armées : depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Xi Jinping a accumulé les pouvoirs au sommet de la deuxième puissance économique mondiale et présidé à un renforcement de l’autorité du régime.

L’inclusion de son nom et de sa « pensée » dans les statuts du PCC suggère qu’il peut désormais rester indéfiniment à la tête du pays, s’affranchissant de la limite d’âge théorique de 68 ans et du souci d’avoir à se choisir un successeur.

«Il ne veut pas partager le pouvoir»

« Cela lui servira à promouvoir son ambitieux programme politique. Et lui garantira une place dans les livres d’histoire », juge Matthias Stepan, chercheur à l’institut allemand Mercator pour les études chinoises.

Autre enseignement : le nouveau comité permanent dévoilé mercredi est exclusivement composé de sexagénaires et ne s’est pas ouvert à la génération des quinquagénaires, qui auraient pu faire figure de dauphins potentiels.

« Xi Jinping ne veut pas partager le pouvoir, il ne veut pas avoir quelqu’un qui lui souffle dans le cou en préparant la succession », observe le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l’Université baptiste de Hong Kong. Mettant en compétition ses dauphins potentiels, « il veut maintenir la pression sur tout le monde et jouir du pouvoir pendant encore cinq ou dix ans sans se lier les pattes ».

Outre le premier ministre Li Keqiang, Xi Jinping est le seul membre du précédent comité permanent à se maintenir dans la nouvelle instance. Les cinq nouveaux venus sont Li Zhanshu, un proche conseiller de M. Xi, le vice-premier ministre Wang Yang, le théoricien du Parti Wang Huning, le nouveau chef de la lutte anticorruption Zhao Leji et le patron du PCC à Shanghai, Han Zheng.

Mais ils devraient avoir moins d’influence que leurs prédécesseurs, face à un Xi Jinping au pouvoir renforcé.

Ce dernier devrait être formellement réélu à la tête de l’État en mars prochain, lors de la session annuelle du Parlement, de même que Li Keqiang, qui devrait rester chef du gouvernement.