Au Brésil, les commandes d’un fusil d’assaut tirent vers le haut les actions du fabricant

Le décret du 7 mai du président Jair Bolsonaro fait passer la puissance de feu maximale pour le grand public de 407 joules à 1620 joules.
Photo: Dominick Reuter / AFP Le décret du 7 mai du président Jair Bolsonaro fait passer la puissance de feu maximale pour le grand public de 407 joules à 1620 joules.

Le cours des actions du fabricant d’armes Taurus s’est envolé mardi, après que l’entreprise a annoncé avoir reçu plus de 2000 commandes de fusils d’assaut dont la vente est désormais autorisée par un décret du président Jair Bolsonaro. Les titres ordinaires de Taurus ont grimpé de 7,60 % à la clôture de la Bourse de Sao Paulo.

Lundi soir, Taurus a expliqué à la chaîne TV Globo que son fusil d’assaut T4 faisait partie des armes désormais commercialisables auprès du grand public en raison d’une modification de la puissance de feu maximale autorisée par le décret.

Ce décret, signé par le président d’extrême droite le 7 mai, stipule que cette limite, établie à 407 joules auparavant, est à présent portée à 1620 joules. Le fusil T4 de Taurus, de calibre 5.56, est doté d’une puissance de feu de 1320 joules et l’entreprise a fait état auprès de TV Globo d’une « liste d’attente de 2000 personnes » pour acquérir cette arme.

Le décret controversé du 7 mai contient également une libéralisation du port d’armes, désormais autorisé à une vingtaine de catégories de professions ou personnes, qui n’auront plus à prouver la nécessité d’avoir une arme. Des millions de Brésiliens peuvent à présent y prétendre, notamment les élus, chauffeurs de poids lourds, chasseurs, avocats et même certains journalistes.

À la fin de l’an dernier, 36 700 personnes seulement avaient un port d’arme réglementaire, dont l’obtention nécessitait une longue procédure dans ce pays de 210 millions d’habitants. En janvier, peu après sa prise de fonction, le président avait déjà signé un premier décret qui avait assoupli les conditions régissant la détention d’armes, tenant ainsi l’une de ses principales promesses de campagne.

Dans un rapport présenté mardi, Amnesty International s’est inquiétée du fait que ces deux décrets « peuvent contribuer à l’augmentation du nombre d’homicides » dans un pays qui est déjà l’un des plus violents au monde, avec près de 64 000 personnes tuées en 2017.