Rupture d’un barrage minier au Brésil: au moins 7 morts, 150 disparus

<p>Des images aériennes impressionnantes diffusées par les pompiers montrent une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrant d'immenses surfaces de végétation.</p>
Photo: Service des incendies de Minas Gerais / Agence France-Presse

Des images aériennes impressionnantes diffusées par les pompiers montrent une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrant d'immenses surfaces de végétation.

Au moins 7 personnes ont trouvé la mort et 150 étaient portées disparues vendredi, après la rupture d’un barrage du géant minier Vale dans l’État brésilien du Minas Gerais (sud-est), où un drame similaire avait fait 19 victimes en novembre 2015.

« D’après les informations confirmées par les pompiers, sept corps ont été localisés […] et 150 personnes sont encore portées disparues », a indiqué le gouvernement de l’État de Minas Gerais dans un communiqué. Un premier bilan des pompiers faisait état de 200 disparus.

Les autorités locales ont précisé que 270 des 427 personnes qui se trouvaient sur le site de Vale ont été retrouvées en vie.

La rupture d’un barrage du complexe minier de Córrego do Feijão, qui en compte trois au total, a eu lieu en début d’après-midi à Brumadinho, commune de 39 000 habitants située à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais.

Une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrait d’immenses surfaces de végétation, et de nombreuses maisons ont été détruites, a constaté un photographe de l’AFP qui a survolé la zone.

« La plupart des personnes touchées sont nos employés », a affirmé le p.-d.g. de Vale, Fabio Schvartsman, lors d’une conférence de presse.

« Nous ne connaissons pas encore le nombre des victimes, mais nous savons qu’il sera élevé », a-t-il ajouté. Il a précisé que la cantine avait été engloutie par la coulée de boue à l’heure du déjeuner.

« La tragédie environnementale devrait être moindre que celle de 2015, mais la tragédie humaine bien plus importante », a conclu le dirigeant, dont l’entreprise était également impliquée dans le drame d’il y a trois ans et deux mois.

Les actions de Vale ont chuté de plus de 8 % à la clôture de la Bourse de New York, après avoir plongé dans un premier temps de plus de 11 % à l’annonce de cette nouvelle tragédie.

Bolsonaro sur place samedi

Selon le gouvernement du Minas Gerais, une centaine de pompiers a été mobilisée et plusieurs dizaines hélicoptères ont été utilisés pour les secours. L’un deux apparaît dans une vidéo hissant une femme semblant blessée, tandis que deux personnes étaient enlisées dans la boue jusqu’à la taille.

Le président Jair Bolsonaro a affirmé qu’il se rendrait au Minas Gerais samedi pour survoler la zone du désastre dans la matinée.

« Nous allons constater les dégâts pour prendre toutes les mesures nécessaires pour atténuer la souffrance des familles de possibles victimes, ainsi que les problèmes environnementaux », a affirmé le chef de l’État lors d’un point presse depuis Brasilia.

Le président a également annoncé que des troupes d’un régiment de Minais Gerais avaient été déployées et que plusieurs ministres devraient arriver sur place dès vendredi pour mettre en place une cellule de crise.

L’un deux, le ministre de l’Environnement, Ricardo Salles, a affirmé par téléphone à l’AFP ne « pas avoir connaissance de l’ampleur des dégâts humains et environnementaux », mais a assuré que les autorités agiraient « avec la plus grande rigueur ».

Musée d’Inhotim évacué

La municipalité de Brumadinho a diffusé sur les réseaux sociaux un communiqué demandant à la population de s’éloigner du lit de la rivière Paraopeba, qui pourrait avoir été contaminée par la coulée de boue.

À une quinzaine de kilomètres du barrage, le site d’Inhotim, plus grand musée à ciel ouvert du monde avec sa collection d’art contemporain, a été évacué « par précaution ». Ce haut lieu du tourisme brésilien accueille environ 35 000 visiteurs par mois.

Selon un photographe de l’AFP, la police a bouclé tous les accès menant à Brumadinho, et de nombreuses zones de la région ont été évacuées le temps d’évaluer jusqu’où la coulée de boue pourrait s’étendre.

En novembre 2015, la rupture du barrage de Samarco, une copropriété de Vale et du groupe anglo-australien BHP, avait fait 19 morts et provoqué un drame écologique sans précédent au Brésil, près de Mariana, à environ 150 km de Belo Horizonte.

« C’est incroyable que trois ans et deux mois après Mariana, un autre accident avec les mêmes caractéristiques ait lieu dans la même région », s’est insurgé Greenpeace dans un communiqué.

À l’époque, des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par un tsunami de boue, qui avait traversé deux États brésiliens et s’était répandu sur 650 kilomètres jusqu’à l’océan Atlantique à travers le lit du fleuve Rio Doce, l’un des plus importants du Brésil.