La vie après Guantánamo

Montevideo — Cinq des six ex-détenus de Guantánamo accueillis dimanche en Uruguay comme réfugiés devaient s’installer mercredi dans un logement provisoire préparé par un syndicat local, a informé ce dernier.

Situé à Montevideo, le logement dispose du confort d’une maison « comme celle de tout travailleur », a déclaré Fernando Périra, coordinateur de la confédération syndicale Pit-CNT.

Les réfugiés, actuellement à l’hôpital pour y subir des examens médicaux, se sont installés mercredi dans ce foyer de transit, où ils recevront des cours d’espagnol, une formation professionnelle et syndicale. Le Syrien Jihad Diyab rejoindra le groupe un peu plus tard à cause de son état de santé fragile, a expliqué M. Périra, qui souhaite que les nouveaux arrivés, qui resteront dans ce logement jusqu’à ce qu’ils puissent s’installer ailleurs avec leurs familles respectives, s’intègrent dans le quartier « comme un voisin de plus ».

Trois jours après leur arrivée en Uruguay, les six ex-détenus, qui ont passé 12 ans dans la prison de Guantánamo, sont toujours à l’hôpital, entourés par des mesures de sécurités strictes et dans le plus grand secret. Cette étape médicale « est la seule chose qui les empêche d’être aujourd’hui dans les rues de Montevideo, à se promener comme le ferait le fils d’un voisin », a assuré le ministre de la Défense lundi. Le gouvernement de ce petit pays sud-américain a assuré qu’il prendrait en charge la sécurité de ces ex-détenus, accueillis comme réfugiés.

Les six hommes, âgés de 30 à 40 ans, étaient parmi les premiers détenus incarcérés à Guantánamo en 2002. Il s’agit des quatre derniers Syriens — Ahmed Ahjam, Ali Hussein Shaabaan, Omar Abou Faraj et Jihad Diyab —, du Palestinien Mohammed Tahanmatan et du Tunisien Abdoul Ourgy, selon le Pentagone.

Au total, 19 détenus ont été rapatriés ou renvoyés dans un pays tiers depuis le début de l’année, l’administration de Barack Obama s’efforçant d’accélérer les libérations pour vider la prison controversée et à terme la fermer, une promesse du président depuis 2008. Sur les 779 passés par ses geôles en bientôt 13 ans, il reste désormais 136 détenus à Guantánamo, dont la plupart n’ont jamais été inculpés ni jugés.

L’Uruguay est le premier pays d’Amérique du Sud à accueillir des anciens détenus de Guantánamo, et le deuxième d’Amérique latine, le Salvador ayant reçu en 2012 deux ex-prisonniers ouïghours, qui ont depuis quitté le pays.

1 commentaire
  • Paul Michaud - Abonné 11 décembre 2014 18 h 47

    Merci!

    L'Uruguay, tout petit pays entouré de géants pas toujours commodes (Brésil, Argentine) ne cessent de nous étonner.
    Merci d'oser!