Junte argentine - Jorge Videla s’éteint

Dictateur Videla
Photo: Natacha Pisarenko AP Dictateur Videla

Buenos Aires — L’ex-général Jorge Videla, décédé vendredi à 87 ans, incarnait avec sa fine moustache et son visage émacié la répression sanglante sous la dictature militaire en Argentine (1976-1983) pour laquelle il avait été condamné à la prison à perpétuité.


À la tête d’un secteur anticommuniste, antipéroniste et ultra-catholique de l’armée de Terre, Jorge Videla a pris à 51 ans la tête du coup d’État qui a renversé le 24 mars 1976 le gouvernement contesté d’Isabel Peron.


Ce militaire à l’allure fluette, sans conteste le plus connu des quatre dirigeants successifs de la junte, a conservé le pouvoir jusqu’en février 1981. C’est sous son commandement que « la guerre sale » menée contre toute forme d’opposition ou de contestation a atteint son paroxysme.


Le bilan de la répression s’élève, selon les organisations de défense des droits de l’homme à 30000 morts et disparus, sans compter les arrestations arbitraires, les tortures ou les enfants volés, dont le nombre atteindrait 500, selon l’organisation des Grand-Mères de la pùlace de Mai.


Dans un livre paru cette année, il déclarait que « 7000 ou 8000 personnes devaient mourir pour remporter la guerre contre l’insurrection ».


« En 1976, quand il a pris le pouvoir, personne ne savait qui était Videla. Cette ignorance a pu expliquer pourquoi ses contemporains ont pu penser que Videla était le visage civilisé d’une dictature criminelle », estime l’historien et journaliste Rogelio Garcia Lupo, qui l’a qualifié de « masque de la terreur ».

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