Colombie - Des militaires accusés d'exécutions extrajudiciaires sont libérés

Alvaro Uribe
Photo: Agence Reuters Juan Barriga Alvaro Uribe

Bogotá — La justice colombienne a annoncé mardi avoir libéré des militaires accusés d'exécutions extrajudiciaires. Hier, le président Alvaro Uribe a demandé que ne soient plus appliqués les délais de mise en accusation.

La veille, la justice a annoncé avoir laissé libres sept hommes placés en détention provisoire et soupçonnés d'avoir tué des civils présentés faussement comme des membres de la guérilla tués pendant des combats. Ces libérations, entraînées par le non-respect de délais de mise en accusation, portent à 38 le nombre des militaires ainsi remis en liberté.

«Il faut examiner pourquoi les délais ont été dépassés: s'il y a eu négligence de la part des juges, des procureurs ou en raison de l'absence de preuves», a déclaré le chef de l'État colombien hier à la radio.

«Le gouvernement demande à ce que le concept de dépassement de délais ne soit pas appliqué. Que l'on condamne ou que l'on acquitte en se fondant sur les éléments probatoires, c'est ce que requiert le code d'honneur des forces armées», a ajouté Alvaro Uribe. «Les Forces armées ne sont pas intéressées par une absolution découlant de la prescription.»

Depuis début janvier trois groupes de militaires ont ainsi été libérés par la justice, bien que l'armée ait décidé d'en confiner au moins 18 dans une caserne dans l'attente de leur jugement. Ces hommes sont pour la plupart soupçonnés d'avoir assassiné des civils présentés plus tard comme des membres de la guérilla tués au combat pour obtenir des récompenses, y compris des permissions de sortie.

Le scandale dit des «faux positifs» avait éclaté à l'automne 2008 en Colombie, lorsque la presse avait révélé la mort d'un groupe de jeunes sans aucun lien avec la guérilla, originaires de Soacha, dans la banlieue sud de Bogotá, portés disparus, puis retrouvés morts dans le nord du pays.

La justice enquête désormais sur plus de 1300 cas similaires, qui impliqueraient au moins 1000 membres des forces de l'ordre.