L’ancien président de l’Algérie Abdelaziz Bouteflika est mort

L’ex-président Algérien Abdelaziz Bouteflika est décédé vendredi à l’âge de 84 ans, a annoncé la télévision publique.
Photo: Ryad Kramdi Agence France-Presse L’ex-président Algérien Abdelaziz Bouteflika est décédé vendredi à l’âge de 84 ans, a annoncé la télévision publique.

L’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika, chassé du pouvoir en 2019 après des manifestations massives contre sa volonté de briguer un nouveau mandat, est décédé vendredi à l’âge de 84 ans, a annoncé la télévision publique du pays.

Depuis sa chute spectaculaire au printemps 2019 sous la pression de l’armée et de la rue, M. Bouteflika était resté retranché dans la solitude dans sa résidence médicalisée de Zeralda, à l’ouest de la capitale. À l’époque, son retrait était devenu inéluctable après des semaines de manifestations massives contre sa volonté de briguer un cinquième mandat après 20 ans au pouvoir.

M. Bouteflika est décédé à « 22 h (17 h à Montréal) à son lieu de résidence », selon la chaîne privée El Hayet TV.

Omniprésent dans la vie politique algérienne durant des décennies, mais devenu quasi invisible depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, M. Bouteflika n’avait donné aucun signe de vie depuis que le mouvement de contestation populaire du Hirak et l’armée l’ont contraint à la démission le 2 avril 2019.

Ce jour-là, il était apparu pour la dernière fois à la télévision pour annoncer qu’il jetait l’éponge. Un contraste saisissant avec le début de sa présidence, en 1999, quand ce beau parleur en costume trois-pièces s’affichait en dirigeant hyperactif. « Je suis l’Algérie tout entière », avait lancé en arrivant au pouvoir celui dont le destin se confond avec l’histoire contemporaine de son pays.

Né le 2 mars 1937 à Oujda, au Maroc, Bouteflika intègre dès 19 ans l’Armée de libération nationale (ALN), qui combat la puissance coloniale française. À l’indépendance, en 1962, il devient ministre des Sports et du Tourisme ; il a alors 25 ans. Un an plus tard, il hérite du convoité portefeuille des Affaires étrangères, qu’il conservera jusqu’en 1979.

En 1965, il soutient le coup d’État de Houari Boumédiène, alors ministre de la Défense, qui s’empare du pouvoir en déposant le président Ahmed Ben Bella. À la suite du décès de Boumédiène, en 1978, il est écarté de la succession par l’armée ; il s’exile à Dubaï et à Genève.

C’est pourtant l’armée qui l’imposera en 1999 comme candidat à la présidentielle, qu’il remportera après le retrait de ses adversaires, qui dénoncent des fraudes. Sa priorité : rétablir la paix en Algérie, en guerre civile depuis 1992 contre une guérilla islamiste (quelque 200 000 morts en 10 ans, officiellement). Deux lois d’amnistie convaincront finalement plusieurs combattants de déposer les armes.

Tout au long de son règne, sa relation avec la France restera à vif, même si le chef d’État algérien est apprécié des dirigeants français, en particulier de Jacques Chirac. Il a aussi fait de nombreux séjours à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, avant d’aller se faire soigner à Genève.

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