Décès du premier ministre ivoirien à trois mois de la présidentielle

Amadou Gon Coulibaly, dit « AGC », était revenu il y a près d’une semaine de France après deux mois d’hospitalisation pour des problèmes cardiaques.
Photo: Issouf Sanogo Agence France-Presse Amadou Gon Coulibaly, dit « AGC », était revenu il y a près d’une semaine de France après deux mois d’hospitalisation pour des problèmes cardiaques.

Le premier ministre ivoirien et candidat du parti au pouvoir à l’élection présidentielle d’octobre, Amadou Gon Coulibaly, est mort mercredi à Abidjan des suites de problèmes cardiaques à 61 ans, un décès qui bouleverse le jeu politique.

« J’ai la profonde douleur de vous annoncer que le premier ministre Amadou Gon Coulibaly, chef du gouvernement, nous a quittés en ce début d’après-midi après avoir pris part au Conseil des ministres », a déclaré Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, lisant un communiqué du président Alassane Ouattara.

« La Côte d’Ivoire est en deuil. Je salue la mémoire d’un homme d’État, de grande loyauté, de dévouement et d’amour pour la patrie. Avec la disparition d’Amadou Gon Coulibaly, la Côte d’Ivoire perd un modèle pour la jeunesse, un exemple de compétence, d’ardeur au travail et d’abnégation », a déclaré le président.

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Amadou Gon Coulibaly, dit « AGC », était revenu il y a près d’une semaine de France après deux mois d’hospitalisation pour des problèmes cardiaques.

Greffé du cœur en 2012, M. Gon Coulibaly avait été accueilli en grande pompe à Abidjan à son retour de France jeudi dernier.

« Je suis de retour pour prendre ma place aux côtés du président, pour continuer l’œuvre de développement et de construction de notre pays, la Côte d’Ivoire », avait-il dit, très souriant.

Officiellement, le premier ministre était parti le 2 mai pour un « contrôle » en France, malgré la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus.

Il avait finalement dû se faire poser une endoprothèse, mais assuré être « de retour en forme ».

Quelques jours après avoir annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, Alassane Ouattara, qui a évoqué la perte d’un « fils » et d’un « jeune frère », avait désigné en mars son « plus proche collaborateur depuis 30 ans » comme son successeur et candidat du parti au pouvoir à la présidentielle.

Passé le choc du décès, la question va inévitablement se poser : qui va représenter le parti d’Alassane Ouattara à la présidentielle ?

Le choix de M. Gon Coulibaly par M. Ouattara avait fait grincer des dents, certains critiquant son autoritarisme ou son manque de charisme, d’autres évoquant déjà sa santé. Plusieurs cadres de la coalition de Ouattara, dont les anciens ministres Marcel Amon Tanoh ou Albert Mabri Toikeusse, avaient poussé leur candidature.

Sanctionnés au nom de la discipline interne, ils ont été écartés des sphères du pouvoir et il paraît difficile de les rappeler. Un nom circule déjà à nouveau : celui du ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, dit « Hambak », qui avait accepté de ronger son frein.