Burkina Faso: la minière SEMAFO évalue la sécurité de son site

L'attaque est survenue près de la mine Boungou.
Photo: Semafo L'attaque est survenue près de la mine Boungou.

Le producteur d’or québécois SEMAFO ne relancera pas de sitôt les activités de sa mine de Boungou, au Burkina Faso, dans la foulée de l’attaque meurtrière survenue la semaine dernière sur une route menant au site.
 

Alors qu’elle a commencé à transporter des gens depuis le site au cours de la fin de semaine, l’entreprise a indiqué que 39 personnes avaient maintenant perdu la vie mercredi dernier lorsqu’un convoi de cinq autobus et escorté par des militaires est tombé dans une embuscade. Au total, 241 employés, entrepreneurs et fournisseurs ont été impliqués dans cette attaque.

 

Au moins 60 autres personnes ont été blessées, une autre manque à l’appel et 141 personnes ont aussi été retrouvées.

« Il faudra du temps pour évaluer le nouveau contexte opérationnel et pour déterminer comment nous serons en mesure d’exploiter nos mines de manière sécuritaire au Burkina Faso », a souligné SEMAFO, dans un communiqué où elle confirme que les activités de la mine de Boungou resteront suspendues.

À la Bourse de Toronto, lundi, le titre du producteur aurifère poursuivait sa dégringolade. En avant-midi, l’action abandonnait 23 cents, ou 7,3 pour cent, pour se négocier à 2,93 $.

Son président et chef de la direction, Benoit Desormeaux, se trouve également, en compagnie d’autres membres de la haute direction de SEMAFO, au Burkina Faso pour « s’assurer que tous ceux qui sont affectés reçoivent le soutien dont ils ont besoin ».

« Notre priorité reste toujours leur sûreté, leur sécurité et leur bien-être », a souligné M. Desormeaux.

Établie à Montréal, SEMAFO, qui compte 1200 salariés, dont 85 expatriés, à ses sites de Mana et Boungou, avait déjà été confrontée à des enjeux de sécurité dans le passé sur des routes menant à ses installations.

On ignorait toujours, lundi, si les activités se poursuivaient à la mine de Mana. Lundi avant-midi, SEMAFO n’avait pas répondu aux questions envoyées par La Presse canadienne. Depuis la semaine dernière, à l’exception de ses communiqués, la société n’a répondu à aucune question.

L’attentat n’a toujours pas été revendiqué, mais le bilan élevé et le choix de prendre pour cible une entreprise étrangère donnent à penser que les auteurs sont des djihadistes bien armés.

Les activités minières ont été ciblées par des hommes armés dans le passé. En août 2018, un employé de SEMAFO et un sous-traitant ont été tués dans l’attaque d’un autobus transportant des travailleurs. Quelques jours auparavant, cinq policiers et un employé avaient été tués lors d’une autre attaque.

SEMAFO n’est pas la seule entreprise canadienne à être la cible d’attentats au Burkina Faso. En janvier dernier, Kirk Woodman, qui travaillait pour Progress Minerals, de Vancouver, a été retrouvé mort après avoir été enlevé dans ce pays.