Le Zimbabwe déclare l’état de catastrophe naturelle

Le quart des Zimbabwéens sont en situation d’insécurité alimentaire, soit 2,44 millions de personnes.
Photo: Jekesai Njikizana Agence France-Presse Le quart des Zimbabwéens sont en situation d’insécurité alimentaire, soit 2,44 millions de personnes.

Le Zimbabwe, victime de la grave sécheresse qui touche l’Afrique australe, peine désormais à nourrir sa population et s’est déclaré vendredi en état de catastrophe naturelle, une situation qui devrait s’aggraver à cause du phénomène climatique El Niño.

Le Zimbabwe compte désormais « 2,44 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, soit 26 % de la population », a annoncé le ministre des Gouvernements locaux et des Travaux publics, Saviour Kasukuwere.

Ce chiffre est en nette hausse par rapport aux 1,5 million de personnes touchées au début de l’épisode climatique, tandis que 2015 a été l’année la plus sèche depuis un siècle.

Mauvaises récoltes

Les réservoirs d’eau sont à moitié vides dans le pays, où plus de 16 000 vaches sont déjà mortes et 75 % des récoltes ont été ravagées, selon le ministre qui assure que le gouvernement va prendre des mesures, sans donner de précision.

Dans les zones rurales, les villageois, privés de leur alimentation de base, sont contraints de consommer des fruits sauvages ou de réduire leur nourriture.

« L’actuelle insécurité alimentaire est d’abord due aux mauvaises récoltes de l’an dernier. Au Zimbabwe, la récolte de 2015 était déjà 50 % inférieure à celle de l’année précédente », explique à l’AFP David Orr, responsable de la communication du Programme Alimentaire Mondial (PAM), une agence de l’ONU, en Afrique australe.

« Il y aura probablement de maigres récoltes [en 2016] dans plusieurs pays et notamment dans le sud du Zimbabwe. L’impact d’El Niño en Afrique australe a considérablement réduit les précipitations dans le sud de la région », poursuit-il.

Le phénomène El Niño, courant chaud équatorial du Pacifique, réapparaît tous les cinq à sept ans et connaît cette année une forte intensité, causant à la fois des sécheresses dans certaines zones et de graves inondations dans d’autres.

« Les mois d’octobre, novembre et décembre ont été les plus secs depuis 35 ans en Afrique australe. Or c’est la période cruciale des semis », note David Orr.

« La plupart du maïs a flétri avant même d’arriver à hauteur d’un genou. Nous n’attendons rien de nos champs, le gouvernement doit agir en urgence pour nous fournir de la nourriture », confirme Enos Janhi, un fermier du district de Masvingo, l’une des zones les plus touchées.

Prix en hausse

« Nous allons faire face à des pénuries massives et nous devons importer 1,3 million de tonnes de maïs », aliment de base de la population, prédit Deon Theron, l’ex-président de l’Union des fermiers commerciaux du Zimbabwe.

Or l’Afrique du Sud est normalement le principal pourvoyeur de céréales de la région. Et le PAM estime que le prix des denrées a augmenté dans la région, celui du maïs ayant déjà bondi de 73 % par rapport à son prix moyen.