Le président malien n'est pas prisonnier de la junte

Bamako — Le président malien Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars par un coup d'Etat militaire, a affirmé hier à l'AFP qu'il était actuellement «à Bamako» et «pas prisonnier», alors qu'un possible compromis est évoqué entre l'Afrique de l'Ouest et la junte sur une transition.

«Je suis bien à Bamako, et Dieu merci ma famille et moi nous nous portons tous bien», a déclaré lors d'une courte conversation téléphonique avec un journaliste de l'AFP l'ex-chef de l'État, dont on ignorait le sort exact depuis le putsch.

Interrogé sur le lieu où il se trouve, ATT a répondu: «Est-ce bien la peine? Ce qu'il est important de savoir, c'est que je ne suis pas prisonnier».

Le chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo, et la France avaient tenu des propos rassurants sur sa situation, mais sans donner de détails.

Constitution

Plusieurs milliers de personnes ont marché hier à Bamako pour soutenir la junte, qui a annoncé mardi soir avoir adopté une nouvelle Constitution et promis qu'aucun de ses membres ne participerait aux prochaines élections présidentielle et législatives, à une date indéterminée.

Les pro-putschistes portaient pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire «À bas ATT», «À bas la France», ou encore «Vive la junte».

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, a évoqué sur RFI une possible piste de compromis.

Les dirigeants de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), réunis mardi en sommet à Abidjan, envisagent «une transition» qui serait dirigée par Dioncounda Traoré, président de l'Assemblée nationale dissoute par la junte, a-t-il déclaré.

Une délégation de chefs d'État ouest-africains conduite par l'Ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la CEDEAO, doit aller aujourd'hui à Bamako pour en discuter avec la junte afin d'assurer dans les plus brefs délais un retour à l'ordre constitutionnel.

Afin de préparer leur venue, plusieurs chefs d'états-majors des pays de la CEDEAO sont arrivés hier dans la capitale.

Le sommet d'Abidjan, qui a suspendu le Mali de la CEDEAO, a également autorisé «la montée en puissance de sa force pour parer à toute éventualité» et nommé médiateur le président burkinabé Blaise Compaoré.

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