Un sommet pour sortir l’Afrique de la crise

La réunion sera précédée lundi d’une conférence de soutien à la transition au Soudan. Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, avait indiqué dans un récent entretien avec l’Agence France-Presse vouloir discuter à cette occasion d’une «remise de dette avec le Club de Paris».
Photo: Ebrahim Hamid Agence France-Presse La réunion sera précédée lundi d’une conférence de soutien à la transition au Soudan. Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, avait indiqué dans un récent entretien avec l’Agence France-Presse vouloir discuter à cette occasion d’une «remise de dette avec le Club de Paris».

Le président français, Emmanuel Macron, réunira mardi une trentaine de dirigeants africains et européens, ainsi que des institutions multilatérales, pour tenter de trouver des solutions inédites à la crise de financement d’une Afrique qui aspire à maîtriser son développement et à s’extraire du piège de la dette.

La réunion sera précédée lundi d’une conférence de soutien à la transition au Soudan. Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, avait indiqué dans un récent entretien avec l’Agence France-Presse vouloir discuter à cette occasion d’une « remise de dette avec le Club de Paris », le « plus important créancier » du pays avec environ 38 % de ses 60 milliards de dollars de dette extérieure.

L’idée de ce « Sommet sur le financement des économies africaines » a germé à l’automne, quand le Fonds monétaire international a calculé que l’Afrique risquait de se heurter à un déficit de financement de 290 milliards de dollars américains (plus de 351 milliards canadiens) d’ici 2023. Certes, la croissance du continent, qui a connu sa première récession en un demi-siècle l’an passé (-2,1 %), devrait rebondir de 3,4 % en 2021 et de 4 % en 2022.

Le moratoire sur le service de la dette publique mis en place dès avril 2020 à l’initiative du Club de Paris et du G20 a également permis de donner un peu d’air, en suspendant le paiement de 5,7 milliards d’euros d’intérêt au bénéfice d’une cinquantaine de pays. Et le G20 a réussi à convaincre la Chine, de loin le plus gros créancier bilatéral du continent, et les créanciers privés, de prendre part aux futures renégociations de dette.

Mais cela ne suffira pas. « Nous ne pouvons pas faire avec les recettes d’hier » alors que « nous sommes collectivement en train d’abandonner l’Afrique à des solutions qui datent des années 1960 », a estimé Emmanuel Macron fin avril, appelant à un « New Deal du financement de l’Afrique ». Et le chef d’État français de mettre en garde contre le risque d’un effet boomerang, entre « réduction des opportunités économiques », « migration subie » et « expansion du terrorisme ».

Réclamant un « moratoire immédiat sur le service de toutes les dettes extérieures […] jusqu’à la fin de la pandémie » et une sanctuarisation de l’aide au développement, ils ont également exhorté le FMI à attribuer des droits de tirage spéciaux (DTS) aux pays africains pour leur fournir « les liquidités indispensables à l’achat de produits de base et de matériel médical essentiel ».

Si le principe d’une émission de DTS de 650 milliards de dollars, dont 34 seront alloués à l’Afrique, est acquis, son montant est jugé insuffisant, selon la présidence française, qui suggère une vente de l’or du FMI pour alimenter des prêts à taux zéro aux pays africains.

Les conditions posées par le FMI en échange de son soutien continuent aussi de faire débat. Lundi, le président de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, l’a appelé à autoriser les pays africains à laisser un peu plus filer leur déficit budgétaire. Ils pourraient « mieux affronter la pandémie » et « financer les dépenses urgentes de lutte contre le terrorisme », a-t-il fait valoir.

De son côté, Oxfam réclame que le FMI et la Banque mondiale renoncent aux « conditionnalités fiscales injustes ou régressives dans le cadre de leurs prêts et programmes ».

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