La pandémie aurait pu être évitée, selon des experts indépendants

L’Inde a franchi mercredi la barre des 250 000 décès liés à la COVID-19 depuis le début de la pandémie, dont 4205 en l’espace de 24 heures, selon les données officielles.
Photo: Mahmud Hossain Opu Associated Press L’Inde a franchi mercredi la barre des 250 000 décès liés à la COVID-19 depuis le début de la pandémie, dont 4205 en l’espace de 24 heures, selon les données officielles.

Responsable d’au moins 3,3 millions de morts jusqu’ici, la pandémie de COVID-19 aurait pu être évitée, conclut dans un rapport accablant dévoilé mercredi un groupe d’experts mandatés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ils réclament d’urgence de vastes réformes des systèmes d’alerte et de prévention pour éviter de nouvelles pandémies.

« Trop de temps s’est écoulé » entre la notification d’un foyer épidémique en Chine en décembre 2019 et la déclaration, le 30 janvier par l’OMS, d’une urgence de santé publique de portée internationale, constate ce comité indépendant, alors que la Chine a été accusée de camoufler l’épidémie.

Selon le rapport, si l’OMS n’avait pas trop tardé avant de sonner l’alerte, il aurait été possible d’éviter la catastrophe, qualifiée de « Tchernobyl du XXIe siècle ». « La combinaison de mauvais choix stratégiques, d’un manque de volonté de s’attaquer aux inégalités et d’un système manquant de coordination a créé un cocktail toxique qui a permis à la pandémie de se transformer en une crise humaine catastrophique », peut-on également lire.

Le groupe d’experts recommande la mise en place d’un nouveau système mondial de surveillance fondé sur une « transparence totale ». Le rapport demande également aux pays riches de fournir un milliard de doses de vaccin d’ici septembre et un autre milliard d’ici mi-2022 aux 92 pays à revenu faible ou intermédiaire bénéficiant du système de distribution COVAX.

Touristes attendus

Avec la vaccination sur les rails et l’ambitieux plan de relance européen, la Commission européenne entrevoit désormais l’avenir économique de la zone euro avec optimisme. Après une récession inédite de 6,6 % en 2020, l’activité devrait progresser de 4,3 % cette année, puis de 4,4 % l’an prochain dans les 19 pays qui ont adopté la monnaie unique.

Avec plus de la moitié de sa population vaccinée, le Royaume-Uni a enregistré une croissance de 2,2 % du PIB en mars, tandis que l’Espagne espère accueillir 45 millions de touristes cette année.

Sur le front des vaccins, la Norvège a annoncé qu’elle renonçait définitivement à la formule du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca, en raison de risque rares mais graves de thromboses, et maintenait la suspension du vaccin unidose de Johnson & Johnson, qu’elle proposera toutefois à ceux qui se portent volontaires.

En France, qui progresse vers le cap des 20 millions de primo-vaccinés à la mi-mai, tous les adultes peuvent désormais, en théorie, se rendre dans un centre de vaccination, sans conditions d’âge ou de santé. Mais ces créneaux ne sont ouverts que pour le jour même ou le lendemain, car de nombreuses personnes prioritaires n’ont pas encore été vaccinées.

En Slovaquie, le ministre de la Santé a annoncé que le vaccin russe Spoutnik V, en attente d’agrément par l’agence médicale européenne, allait commencer à être utilisé dans le pays à partir du 1er juin.

Des corps dans le Gange

Alors que l’Europe envisage désormais un avenir meilleur, le virus continue de faire des ravages en Inde, avec le variant B.1.617 apparu en octobre et aujourd’hui présent dans 44 autres pays, selon l’OMS. L’Inde a franchi mercredi la barre des 250 000 décès liés à la COVID-19 depuis le début de la pandémie, dont 4205 en l’espace de 24 heures, selon les données officielles.

Mais le véritable nombre de victimes pourrait être bien supérieur. « Même trois ou quatre fois plus serait une sous-estimation », soutient en entrevue Anant Bhan, chercheur indépendant en politique de santé et bioéthique. Des responsables de crématoriums et de cimetières jugent d’ailleurs que les chiffres officiels des décès dans plusieurs États indiens ne correspondent pas aux nombres d’enterrements.

Le nombre de victimes est tel qu’un filet a été installé en travers du Gange dans le nord du pays, après la découverte de dizaines de corps échoués. Alors que les crématoriums sont submergés, ils pourraient avoir été abandonnés par leurs proches dans le fleuve sacré.

 

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