Une fusillade dans une école de Russie fait neuf morts

Il s’agit de la plus grave fusillade dans une école russe depuis 2018.
Photo: Roman Kruchinin Agence France-Presse Il s’agit de la plus grave fusillade dans une école russe depuis 2018.

Neuf personnes, dont sept élèves, ont été tuées et une vingtaine blessées mardi dans une fusillade dans une école de Kazan, une grande ville du centre de la Russie, où un tireur de 19 ans a été interpellé.

Des images glaçantes diffusées par des témoins sur les réseaux sociaux montrent des enfants et des adolescents sautant des fenêtres du bâtiment de trois étages pour s’enfuir. Sur d’autres, on peut voir des personnes ensanglantées allongées sur l’herbe en train de recevoir de l’aide alors qu’autour des ambulances étaient déployées en nombre.

Il s’agit de la plus grave fusillade dans une école russe depuis 2018. Ce genre de drame est relativement rare en Russie, où le contrôle des armes est strict, mais les incidents violents impliquant des élèves sont en augmentation.

Le tueur a fait neuf morts, selon le dirigeant de la république du Tatarstan, dont Kazan est la capitale. « Nous avons perdu sept enfants, des élèves. Quatre garçons et trois filles. De plus, nous avons perdu un enseignant. Et nous avons perdu une autre femme », a déclaré Roustam Minnikhanov.

Selon lui, tous les enfants tués étaient en classe de 4e, soit âgés en principe de 13-14 ans.

En fin d’après-midi, les rues avoisinantes étaient encore bouclées par les forces de l’ordre, tandis que des personnes apportaient des fleurs pour les déposer à proximité de l’école.

Les autorités de cette république musulmane russe ont précisé à l’AFP qu’au moins 20 personnes, 18 enfants et deux adultes, avaient été hospitalisées. Six mineurs sont dans un état grave.

L’agence de presse locale Tatar-inform a indiqué que les victimes hospitalisées avaient entre sept et 62 ans.

Appels à l’action

Le président Vladimir Poutine a ordonné mardi de revoir les règles régissant le port d’armes, selon son porte-parole, Dmitri Peskov.

Le grand mufti de Russie, Ravil Gaïnoutdine, a pour sa part dénoncé « le pire des péchés aux yeux du Tout-Puissant : le meurtre d’innocents ».

Une minute de silence a été observée par le gouvernement mardi et les prochains matchs de football de la Coupe de Russie dimanche, dont sa finale, commenceront également par un hommage.

Le Comité d’enquête de Russie a dit avoir ouvert à ce stade une enquête pour « meurtre ».

Selon le dirigeant du Tatarstan, le suspect arrêté est âgé de 19 ans et disposait d’un « permis de port d’arme ».

Le tireur présumé

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et à la télévision russe a montré le tireur présumé, un jeune homme torse nu et couvert de sang allongé dans une cellule, clamant avoir prémédité son acte, car il « déteste tout le monde », affirmant être « Dieu ».

Sur une photo, on le voit en tenue paramilitaire noire, avec un tour de cou sur lequel est écrit « Dieu » en russe en lettres rouges. Les médias russes l’ont identifié comme s’appelant Ilnaz Galiaviev.

L’institut TISBI où il faisait des études d’informatique a déclaré aux agences russes que ce jeune homme, « calme et pas agressif », venait d’être exclu après ne pas s’être présenté aux examens.

Selon les autorités, il avait obtenu un permis de port d’arme le 28 avril.

C’est dans la matinée de mardi, après 10 jours fériés en Russie, que le jeune homme a ouvert le feu sur les élèves de l’école n° 175 qui compte, selon le site Internet du ministère local de l’Enseignement, 1049 élèves et 57 collaborateurs. Le tireur présumé était un ancien élève de l’école, selon Interfax.

D’après cette même agence, il était armé d’un fusil de fabrication turque Hatsan Escort, le même que celui utilisé pour une tuerie précédente dans une école de Crimée en 2018.

Si les agences de presse russes avaient dans un premier temps mentionné un deuxième tireur, les autorités ont ensuite assuré qu’il avait agi seul.

Kazan, qui compte plus de 1,2 million d’habitants, est situé environ 700 kilomètres à l’est de la capitale russe. Une journée de deuil y a été décrétée pour mercredi.

Cette fusillade rappelle celle d’octobre 2018, lorsqu’un élève avait tué 19 personnes avant de se donner la mort dans un lycée de Kertch, en Crimée, une péninsule ukrainienne que la Russie a annexée en 2014.

Vladimir Poutine avait alors blâmé « la mondialisation », estimant que le phénomène des fusillades dans les écoles provenait des États-Unis.

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