En Europe et en Inde, des situations plus contrastées que jamais

Le variant du coronavirus découvert en Inde est plus contagieux et présente des caractéristiques qui pourraient rendre les vaccins moins effiaces, contribuant à l'accélération de l'épidémie dans ce vaste pays, a averti samedi la scientifique en chef de l'OMS.
Photo: Arun Sankar Agence France-Presse Le variant du coronavirus découvert en Inde est plus contagieux et présente des caractéristiques qui pourraient rendre les vaccins moins effiaces, contribuant à l'accélération de l'épidémie dans ce vaste pays, a averti samedi la scientifique en chef de l'OMS.

Au moment où l’Europe allège ses restrictions, l’OMS a souligné le sérieux d’une nouvelle menace, sous la forme du variant du virus de la COVID-19 apparu en Inde, le B.1.617, qu’elle a classé comme « préoccupant ».

Les campagnes de vaccination menées activement dans plusieurs pays occidentaux ont permis aux autorités d’entreprendre une réouverture de leurs économies et une levée des restrictions individuelles. Mais la pandémie de COVID-19, qui a coûté la vie à près de 3,3 millions de personnes, continue de progresser ailleurs dans le monde, ravivant les craintes sur l’inégalité de l’accès aux vaccins.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe avec plus de 127 000 morts, les autorités sanitaires ont abaissé lundi le niveau d’alerte relatif à la pandémie, le faisant passer de quatre à trois sur une échelle de cinq. Cette nouvelle étape prendra effet le 17 mai. Les Britanniques devraient être autorisés à se rencontrer dans des endroits clos à six personnes maximum, tandis que pubs et restaurants devraient pouvoir servir leurs clients en salle.

Depuis le lancement de la campagne début décembre, plus de 35 des 68 millions d’habitants du Royaume-Uni ont reçu une première dose de vaccin. « Nous pouvons maintenant déconfiner avec prudence, mais de manière irréversible », a commenté le premier ministre, Boris Johnson, dans un communiqué.

L’Europe se déconfine

En Espagne, un vent de liberté s’est levé dimanche avec la fin de l’état d’urgence sanitaire : les habitants ont pu sortir de leur région ou se rassembler dans la rue en soirée. Dans plusieurs villes du pays, cris, applaudissements et musique ont marqué à minuit la fin de ce régime d’exception imposé depuis octobre et la levée du couvre-feu dans la plupart des régions.

Mais les images de centaines de fêtards sans respect des consignes sanitaires à Madrid et ailleurs ont entraîné un appel à « la responsabilité ». « La fin du régime d’exception ne veut pas dire la fin des restrictions », a averti le ministre de la Justice, Juan Carlos Campo.

En Allemagne, les quelque 7 millions de personnes vaccinées bénéficient désormais d’assouplissements des strictes règles sanitaires. À Milan, dans le nord de l’Italie, c’est le célèbre théâtre de la Scala qui a rouvert lundi soir au public.

De son côté, l’île méditerranéenne de Chypre a rouvert ses frontières lundi aux touristes vaccinés en provenance de 65 pays, tandis qu’en Grèce, toutes les écoles ont rouvert après six mois de fermeture. L’Irlande aussi peut souffler un peu : après de longs mois de confinement, les déplacements à l’intérieur du pays sont autorisés et les commerces non essentiels peuvent rouvrir, sur rendez-vous.

Sur le front de la stratégie vaccinale, l’Union européenne (UE) n’a pas renouvelé pour l’instant son contrat avec AstraZeneca pour après le mois de juin, a indiqué dimanche le commissaire européen Thierry Breton. Quant à savoir si cette décision signifiait une fin de non-recevoir définitive pour le vaccin, ce responsable a laissé planer le doute. « Ce n’est pas encore fait, attendez », a-t-il dit.

Le vaccin d’AstraZeneca a pâti de très forts retards de livraison qui ont poussé l’UE à introduire une action en justice contre le laboratoire suédo-britannique. En Norvège, un comité d’experts mis en place par le gouvernement a pour sa part recommandé d’y renoncer, de même qu’au vaccin de Johnson & Johnson en raison des risques très rares de thrombose grave.

Regain de la pandémie en Asie

Ailleurs dans le monde, la pandémie connaît un regain parfois spectaculaire, comme en Inde, où le pays de 1,3 milliard d’habitants enregistre record macabre sur record macabre.

Pour la première fois samedi, plus de 4000 personnes sont mortes de la COVID-19 en 24 heures et plus de 400 000 nouvelles contaminations ont été enregistrées, selon les chiffres officiels que certains experts estiment largement sous-évalués.

Le variant du coronavirus découvert dans ce pays est plus contagieux et présente des caractéristiques qui pourraient rendre les vaccins moins efficaces, contribuant à l’accélération de l’épidémie en Inde, a averti samedi la scientifique en chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Soumya Swaminathan. L’allemand BioNTech a néanmoins affirmé lundi que face aux variants actuels, il n’était pas nécessaire de modifier la formule de son vaccindéveloppé avec l’américain Pfizer.

L’Inde, qui est le plus grand producteur mondial de vaccins, n’a jusqu’à présent administré deux doses qu’à 2 % de sa population.

La Chine, premier pays frappé par la pandémie dès la fin 2019, va quant à elle installer une « ligne de démarcation » au sommet de l’Everest pour éviter tout risque de contamination à la COVID-19 par des alpinistes en provenance du Népal.

Au Japon, la recrudescence de la pandémie a entraîné le report d’une visite prévue les 17 et 18 mai du président du Comité international olympique, Thomas Bach. Les Jeux olympiques de Tokyo doivent s’ouvrir le 23 juillet prochain, dans 74 jours.

Et avant la fête musulmane de l’Aïd al-Fitr, marquant la fin du ramadan cette semaine, la Malaisie a annoncé de nouvelles restrictions après une forte hausse des contaminations.

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