Poutine responsable de «choses terribles», estime Trudeau

Vladimir Poutine n’est «ni un soutien ni un ami» du Canada, estime Justin Trudeau. Sur la photo, le président russe et le premier ministre canadien lors du Forum de Paris sur la paix, en 2018.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Vladimir Poutine n’est «ni un soutien ni un ami» du Canada, estime Justin Trudeau. Sur la photo, le président russe et le premier ministre canadien lors du Forum de Paris sur la paix, en 2018.

Vladimir Poutine est « responsable de toutes sortes de choses terribles », selon le premier ministre Justin Trudeau, qui n’est toutefois pas allé jusqu’à qualifier le président russe de « tueur », comme l’a fait Joe Biden.

« Que ce soit l’invasion de la Crimée, les importantes cyberattaques dont il est responsable et la tentative de déstabiliser nos démocraties, je suis certain qu’il est responsable de toutes sortes de choses terribles parce que son comportement continue de le démontrer », a laissé tomber M. Trudeau en entrevue à la chaîne Sirius XM mercredi.

Le premier ministre canadien, peu habitué à critiquer les autres dirigeants en public, était interrogé sur les récents propos du président américain visant son homologue russe. Questionné sur le fait de savoir s’il considérait lui aussi M. Poutine comme un « tueur », M. Trudeau a répondu qu’il ne détenait « pas d’information » lui permettant de l’affirmer.

« Ni un soutien ni un ami »

Le dirigeant libéral a par ailleurs rappelé avoir rencontré Vladimir Poutine à quelques reprises à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir en 2015. « J’ai toujours eu l’impression qu’il vous regardait et qu’il vous disait ce qui l’arrange à un moment donné, a-t-il confié. Ce que le monde occidental ou le Canada pensent de lui ne l’intéresse pas particulièrement. »

M. Poutine n’est « ni un soutien ni un ami » du Canada, a ajouté Justin Trudeau. « Nous devons rester lucides et clairvoyants dans notre façon de l’approcher. »

Quelques heures plus tôt, Ottawa avait annoncé de nouvelles sanctions contre neuf responsables russes pour protester contre le traitement infligé au principal opposant de M. Poutine, Alexeï Navalny.

Ce dernier est revenu en Russie en janvier dernier d’une convalescence en Allemagne, après un empoisonnement dont il tient le président russe Vladimir Poutine pour responsable. Il a été arrêté dès son arrivée et fait désormais face à sa première longue peine de prison en près d’une décennie de démêlés avec les autorités.

Lors d’une interview sur la chaîne ABC la semaine dernière, le président Biden avait dit penser que Vladimir Poutine était « un tueur ». Il a également promis de faire payer au chef du Kremlin « le prix » pour l’ingérence russe dans la dernière élection présidentielle américaine, provoquant la première crise diplomatique de son mandat.

La santé de Navalny se détériore en prison

L’avocate d’Alexeï Navalny a tiré la sonnette d’alarme mercredi sur l’état de santé de l’opposant russe. Selon Olga Mikhaïlova, M. Navalny se plaignait depuis peu de « fortes douleurs au dos », ajoutant qu’il avait commencé à ne plus sentir l’une de ses jambes mardi. L’opposant a pu voir un neurologue, mais celui-ci se serait contenté de lui donner un médicament anti-inflammatoire. « Je ne sais pas ce qui ne va pas chez lui. Il devrait voir un véritable médecin », a ajouté Mme Mikhaïlova, soulignant qu’elle n’a pas pu avoir accès mercredi à son client. L’homme de 44 ans purge actuellement une peine de deux ans et demi d’emprisonnement à la prison de Pokrov, à 100 kilomètres de Moscou, réputée comme l’une des plus dures de Russie. Depuis son arrivée, il a pu décrire à deux reprises ses conditions de détention sur les réseaux sociaux, affirmant que sa vie quotidienne est comparable à celle d’un « Stormtrooper » dans Star Wars. Il a aussi comparé sa prison à un « camp de concentration ».