Washington sanctionne de hauts responsables russes

L'opposant russe Alexeï Navalny lors d’une manifestation en 2018
Photo: Kirill Kudryavtsev Archives Agence France-Presse L'opposant russe Alexeï Navalny lors d’une manifestation en 2018

Les États-Unis emboîtent le pas à l’Union européenne (UE) et sanctionnent plusieurs hauts responsables russes en réponse à l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, dont les services de renseignement américains attribuent la responsabilité à Moscou.

Ces sanctions, qui visent en particulier sept hauts responsables dont les noms n’ont pas été immédiatement dévoilés, ont été prises « en concertation étroite » avec l’UE et sont « un signal clair » à la Russie, a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat.

« Nous ne cherchons ni une remise à plat ni une escalade », a ajouté cette source, soulignant que les États-Unis n’hésiteraient pas à faire preuve de fermeté chaque fois qu’ils l’estimeront nécessaire.

Lundi, les États membres de l’UE ont officialisé des sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre M. Navalny, et dans la répression menée contre ses partisans.

Selon deux sources européennes, les personnalités sanctionnées sont Alexandre Kalachnikov, directeur des services pénitentiaires, Alexandre Bastrykine, responsable du Comité d’enquête russe, Igor Krasnov, procureur général, et Viktor Zolotov, chef de la Garde nationale de Russie.

Pour Washington, il s’agit des premières sanctions contre la Russie annoncées par le nouveau gouvernement de Joe Biden. Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier dernier, le président démocrate a adopté un ton beaucoup plus ferme à l’égard de Moscou que son prédécesseur républicain Donald Trump.

Pour les États-Unis, il n’y a aucun doute : Moscou est bien derrière la « tentative d’assassinat » du célèbre opposant russe.

Un agent innervant

« La communauté du renseignement estime, avec un haut degré de confiance, que des responsables des services de sécurité russes [FSB] ont utilisé un agent innervant connu sous le nom de Novitchok pour empoisonner le leader de l’opposition russe Alexeï Navalny le 20 août 2020 », a indiqué un responsable. « Nous réitérons notre appel à une libération immédiate et sans condition de M. Navalny », a-t-il ajouté. Quelques heures avant l’annonce américaine de nouvelles sanctions, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait assuré que Moscou répondrait aux sanctions occidentales. « Personne n’a annulé les règles de la diplomatie et une de ces règles est le principe de réciprocité », a-t-il affirmé.

L’opposant de 44 ans est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie après cinq mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait de son empoisonnement.

Il est arrivé dimanche dans une colonie pénitentiaire, à 200 kilomètres à l’est de Moscou, pour y purger une peine de deux ans et demi de prison, que lui et ses soutiens dénoncent comme politique.

La justice russe a transformé en janvier dernier en prison ferme une peine avec sursis à laquelle il avait été condamné en 2014. Son arrestation le 17 janvier a provoqué en Russie d’importantes manifestations, auxquelles les autorités ont répondu par plus de 11 000 arrestations, suivies généralement d’amendes et de courtes peines de prison.

Des experts des Nations unies ont réclamé lundi une enquête internationale sur l’empoisonnement de l’opposant.

 

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