L’OMS a scruté le marché de Wuhan où tout a commencé

Les membres de l’Organisation mondiale de la santé qui se sont rendus dimanche au marché Huanan de Wuhan n’ont répondu à aucune question des journalistes, tenus à l’écart par les forces de l’ordre chinoises.
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse Les membres de l’Organisation mondiale de la santé qui se sont rendus dimanche au marché Huanan de Wuhan n’ont répondu à aucune question des journalistes, tenus à l’écart par les forces de l’ordre chinoises.

Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui ont pour mission d’enquêter sur l’origine de la COVID-19 se sont rendus dimanche au marché Huanan de Wuhan, en Chine, point de départ il y a un an de la pandémie qui, à ce jour, a fait plus de 2,2 millions de morts.

L’équipe de l’OMS, soumise au contrôle étroit des autorités locales, a « rencontré des personnes clés » et a « posé des questions pour aider à mieux comprendre des facteurs qui ont permis l’émergence » du virus, a déclaré un de ses membres, Peter Daszak, sur Twitter.

Même si un an s’est écoulé depuis la naissance de l’épidémie, M. Daszak a jugé que parler au personnel et voir le marché avait été « très informatif ». Les experts n’ont répondu à aucune question des journalistes, tenus à l’écart par les forces de l’ordre.

Cette visite est ultrasensible pour Pékin, accusé d’avoir tardé à réagir face aux premiers cas. La pandémie du nouveau coronavirus a fait jusqu’ici plus de 2,2 millions de morts depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles. Plus de 102,5 millions de cas d’infection ont été diagnostiqués.

Les États-Unis sont le pays comptant le plus de morts (439 536), suivis du Brésil (223 945), du Mexique (158 074), de l’Inde (154 274) et du Royaume-Uni (105 571). Le nombre de victimes à l’échelle mondiale est toutefois globalement sous-évalué puisqu’il se fonde sur les bilans des autorités nationales.

Devant le danger que représente l’inquiétante évolution du virus, en particulier la circulation des nouveaux variants, plusieurs pays européens ont décidé d’accroître leurs mesures restrictives, notamment en matière de voyages.

La France a demandé à ses grands centres commerciaux de fermer leurs portes dimanche et elle a fermé à partir de minuit ses frontières aux pays extérieurs à l’Union européenne (UE), serrant la vis comme le Portugal, l’Allemagne et le Canada pour freiner la nouvelle vague de COVID-19.

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a dit espérer ainsi éviter une nouvelle vague de contaminations, mais il n’exclut pas un nouveau confinement, si nécessaire.

La France a enregistré dimanche près de 20 000 nouveaux cas de COVID-19 en l’espace de seulement 24 heures, tandis que le nombre des hospitalisations et des réanimations est en hausse. Quatre semaines après le début de la vaccination, près de 1,48 million de Français ont reçu au moins une dose de vaccin.

Train de mesures

En Australie, les autorités ont promptement confiné dimanche pour cinq jours deux millions de personnes à Perth après la détection d’un seul cas. « Notre politique est celle d’une réponse rapide et ferme […] afin de reprendre le contrôle de la situation et ne pas assister au développement de foyers d’infection comme on en a vu ailleurs dans le monde », a déclaré le premier ministre de l’État, Mark McGowan.

De son côté, le Portugal a interdit les déplacements non essentiels à l’étranger de ses ressortissants par voie aérienne, terrestre ou maritime pendant quinze jours. La veille, l’Allemagne a fermé son territoire aux personnes en provenance de cinq pays fortement touchés par les différents variants du COVID-19.

À l’heure actuelle, le Portugal est le pays le plus durement frappé en proportion de sa population. « Il y a tant de morts, nous n’avons pas d’endroits pour en entreposer autant, tout est surchargé. Avec la COVID-19, j’ai déjà perdu ma tante, mon cousin, mon père et mon grand-père », déplore Artur Palma, un gérant de pompes funèbres dans la banlieue de Lisbonne.

Aux États-Unis, les masques seront obligatoires à partir de mardi dans les transports publics, y compris donc dans les avions, les bus, les trains et les taxis, entre autres.

Les nouveaux cas d’infections et les hospitalisations y sont en baisse depuis deux semaines. Selon les experts, cette amélioration est liée au respect des mesures sanitaires comme au fait que la période des Fêtes, favorable aux rassemblements, est désormais loin.

Par ailleurs, un premier cas de contamination par le variant du virus identifié en Afrique du Sud a été signalé dimanche à Thessalonique, la deuxième ville grecque.

Au Pérou, les 10 millions d’habitants de la capitale, Lima, ont commencé une quarantaine obligatoire pour contenir la deuxième vague de la pandémie, qui a atteint 120 000 Péruviens ce mois-ci.

En Norvège, le gouvernement a levé samedi des mesures de confinement partiel à Oslo et dans sa région, prises le week-end dernier après la détection de cas du variant britannique. Répit également à Rome où les musées du Vatican, dont la célèbre chapelle Sixtine, rouvrent lundi après 88 jours de fermeture.

Campagne de vaccination

La planète compte sur la vaccination pour stopper l’épidémie. L’Algérie a lancé samedi sa campagne de vaccination avec le vaccin russe Spoutnik V quand l’Égypte attendait dimanche sa première cargaison de vaccins du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca.

L’Afrique du Sud a commandé 20 millions de doses du vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19. Et Dubaï a annoncé vouloir « accélérer » la distribution des vaccins contre le coronavirus à travers le monde, en particulier « à destination des pays émergents », après que l’OMS a appelé à ne pas abandonner les États les plus pauvres.

Mais les retards de livraison inquiètent l’Union européenne, qui maintient toutefois, comme l’a souligné dimanche la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, son objectif de vacciner 70 % des adultes d’ici à « la fin de l’été ».  

L’Europe recevra plus de vaccins

L’Union européenne (UE), critiquée de toutes parts pour la lenteur des vaccinations contre la COVID-19, a annoncé dimanche qu’elle recevrait dans les trois premiers mois de l’année 30 % de doses en plus d’AstraZeneca, mais prévenu que les mois de février et de mars resteraient « difficiles ». Au total, le laboratoire anglo-suédois « va fournir 9 millions de doses supplémentaires par rapport à ce qui était offert la semaine dernière, soit 40 millions au total », a écrit la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur Twitter.

De plus, l’entreprise « commencera les livraisons une semaine plus tôt que prévu » et « étendra également sa capacité de fabrication en Europe », a précisé Ursula von der Leyen. Les livraisons commenceront, « a priori, la deuxième semaine de février », a précisé à l’AFP une source européenne. L’UE affiche actuellement un bilan de vaccination inférieur à celui de la Grande-Bretagne, notamment.