Le Royaume-Uni «au coeur de la tempête», la France s’y prépare

Le Royaume-Uni, un des pays les plus endeuillés d’Europe (71 500 morts), a atteint mardi un record de nouveaux cas en une seule journée avec 53 135 contaminations. Sur la photo, des ambulances stationnées près d’un hôpital, mardi, à Londres.
Photo: Dominic Lipinski Associated Press Le Royaume-Uni, un des pays les plus endeuillés d’Europe (71 500 morts), a atteint mardi un record de nouveaux cas en une seule journée avec 53 135 contaminations. Sur la photo, des ambulances stationnées près d’un hôpital, mardi, à Londres.

Le nombre de contaminations s’envolait mardi en Angleterre, où l’alerte est lancée sur les hôpitaux surchargés, « au cœur de la tempête », tandis qu’en France, une reprise « incontrôlée de l’épidémie » en janvier est jugée probable, amenant le gouvernement à préparer un durcissement des restrictions au niveau local.

Le coronavirus a fait 1 775 272 morts dans le monde et contaminé plus de 81 517 140 personnes, selon un comptage de l’AFP mardi, et les campagnes de vaccination prennent de la vitesse en Europe et sur le continent américain.

« Nous revoici au cœur de la tempête, avec une deuxième vague de coronavirus balayant l’Europe et ce pays », a déclaré le directeur général du service public de santé (NHS) pour l’Angleterre, Simon Stevens, dans une vidéo postée sur Twitter.

Le Royaume-Uni, un des pays les plus endeuillés d’Europe (71 500 morts), a atteint mardi un record de nouveaux cas en une seule journée avec 53 135 contaminations, et le nombre d’hospitalisations est encore plus important que lors du pic de la première vague, au printemps.

Samantha Batt-Rawden, médecin en soins intensifs et présidente de la Doctor’s Association, s’inquiétait sur Twitter de la situation de nombreux soignants parvenus à un « point de rupture ».

En France, une « reprise incontrôlée de l’épidémie » en janvier est « probable » en raison du « surcroît de contaminations » provoqué par les fêtes de fin d’année, a indiqué le Conseil scientifique, qui guide le gouvernement, dans un avis rendu public mardi.

Aussi, le gouvernement se prépare à de nouvelles mesures dans les zones les plus touchées, notamment l’est du pays.

Un couvre-feu avancé de deux heures, soit à 18 h, est envisagé localement à partir du 2 janvier, a annoncé en soirée le ministre de la Santé, Olivier Véran, excluant pour l’heure un nouveau confinement local ou généralisé.

Le nombre de personnes hospitalisées et de cas graves en réanimation est reparti à la hausse en France (24 645 et 2694 lundi), cependant que le nombre de nouveaux cas détectés chaque jour est de 12 000 en moyenne, loin de l’objectif de 5000 fixé par le gouvernement.

Variant

L’épidémie flambe à nouveau au Royaume-Uni depuis l’identification d’un nouveau variant jusqu’à 74 % plus contagieux, selon une étude.

Il est repéré dans des pays de plus en plus nombreux et sur plusieurs continents, le premier cas confirmé en Amérique latine ayant été annoncé mardi au Chili. Le variant était déjà présent dans le nord de l’Allemagne dès le mois de novembre et, pour s’en protéger, les Philippines ont décidé mardi de fermer leurs frontières à vingt pays.

En Afrique du Sud, le premier pays africain à avoir dépassé le million de contaminations, les autorités ont opté pour de nouvelles restrictions : la vente d’alcool est interdite et le port du masque est désormais obligatoire, alors que le couvre-feu nocturne entre en vigueur plus tôt.

Avec près de 26 000 morts en novembre et 186 000 cette année, la Russie a de son côté vu son bilan de l’épidémie multiplié par trois, après l’adoption d’une nouvelle comptabilité plus proche des normes internationales, devenant ainsi le troisième pays le plus endeuillé au monde.

Les autorités russes, qui rechignent à confiner la population, parient sur le déploiement de leur vaccin, le Spoutnik V. Selon le maire de Moscou, 50 000 habitants de la capitale, où la mortalité liée à la COVID-19 a bondi de 27 % en novembre par rapport à octobre, ont déjà été vaccinés.

L’Argentine, comme la Biélorussie, a commencé mardi sa campagne avec le vaccin russe, devenant le premier pays d’Amérique latine à l’utiliser.

Dans l’UE, la campagne de vaccination, qui a commencé ce week-end après le feu vert au vaccin Pfizer-BioNTech, se poursuit, et la livraison de 300 millions de doses à l’Union a été confirmée mardi.

Les autorités américaines ont commencé, quant à elles, à vacciner leurs forces déployées en Corée du Sud le jour où le pays, frappé par une troisième vague, a enregistré un nombre record de morts dues au coronavirus.

Retards décriés aux États-Unis

Le président désigné des États-Unis, Joe Biden, a déploré mardi les retards dans la distribution des vaccins contre la COVID aux États-Unis, soulignant que les semaines à venir seront « très difficiles » sur le plan sanitaire.

« Le plan du gouvernement Trump pour la distribution des vaccins est très en retard », a déclaré M. Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, lors d’une allocution depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware.

Quelque 2,1 millions de personnes ont reçu une première injection de l’un des deux vaccins autorisés (Pfizer/BioNTech et Moderna), selon les dernières données des centres de contrôle et de prévention des maladies.

Ce nombre est loin de l’objectif affiché du gouvernement Trump, qui avait promis 20 millions de personnes vaccinées d’ici la fin de l’année.

« Nous sommes en dessous du niveau auquel nous voudrions être », a reconnu l’éminent immunologue américain Anthony Fauci, qui conseille la Maison-Blanche sur la crise sanitaire.

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