L’Europe redoute une deuxième vague pire que la première

Sur l’ensemble du continent européen, le nombre de cas dépasse les 8,2 millions et plus de 258 000 personnes sont mortes du nouveau coronavirus, c’est pourquoi de plus en plus de régions se voient imposer la fermeture des bars et des restaurants, voire un couvre-feu.
Photo: Filippo Montforte Agence France-Presse Sur l’ensemble du continent européen, le nombre de cas dépasse les 8,2 millions et plus de 258 000 personnes sont mortes du nouveau coronavirus, c’est pourquoi de plus en plus de régions se voient imposer la fermeture des bars et des restaurants, voire un couvre-feu.

Les pays d’Europe ont durci vendredi les mesures face à une deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, à coups de reconfinement et de couvre-feux, mais les contaminations atteignent des records, comme en France, qui a dépassé le million de cas.

L’OMS a de nouveau tiré la sonnette d’alarme : « trop de pays » dans l’hémisphère Nord enregistrent une progression exponentielle des cas de COVID-19. Résultat : hôpitaux et unités de soins intensifs sont proches de leurs limites de capacité ou les ont dépassées, « et nous ne sommes qu’en octobre », a mis en garde l’organisation. Sur l’ensemble du continent européen, le nombre de cas dépasse les 8,2 millions et plus de 258 000 personnes sont mortes du nouveau coronavirus.

La situation est particulièrement grave en France qui a passé vendredi la barre du million de cas de COVID-19 depuis le début de l’épidémie, et la situation continue de se dégrader avec 42 032 nouveaux cas enregistrés dans la journée, un nouveau record depuis la généralisation des tests à grande échelle.

Face à cette flambée, le gouvernement a étendu le couvre-feu nocturne (de 21 h à 6 h), qui concernera à partir de vendredi minuit 46 millions de personnes à Paris et dans les principales villes, soit les deux tiers de la population, pendant six semaines.

Les autorités sanitaires françaises craignent désormais une deuxième vague « pire que la première » et ont dit envisager des reconfinements locaux, en essayant d’éviter un reconfinement général.

Toujours plus de restrictions

En Belgique, un nouveau tour de vis a été donné vendredi par le gouvernement pour les sports et loisirs, décevant néanmoins les experts qui réclamaient un nouveau reconfinement. Les autorités des cinq provinces de la Wallonie, la partie francophone, ont toutefois décidé vendredi soir de durcir les mesures décidées au niveau fédéral et les maires des 19 communes de Bruxelles décideront samedi s’ils suivent le mouvement. La Belgique serait alors divisée dans le combat contre la pandémie.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe (plus de 44 000 morts), le pays de Galles (plus de trois millions d’habitants) se reconfine à partir de 18 h vendredi jusqu’au 9 novembre. Les commerces non essentiels seront fermés.

En Angleterre, la moitié de la population, soit quelque 29 millions d’habitants, vit désormais sous des restrictions locales plus ou moins strictes. L’Irlande, elle, a reconfiné toute sa population pour six semaines depuis mercredi minuit, fermant les commerces non essentiels. Mais les écoles sont restées ouvertes. En Italie, le Lazio, la région de Rome, devient la troisième du pays, avec la Lombardie et la Campanie, à instaurer un couvre-feu. Le Danemark a pour sa part annoncé un renforcement dès lundi de ses mesures de restriction de rassemblements et l’extension du port du masque.

En Espagne, qui a officiellement dépassé le cap du million de cas de coronavirus, le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, a estimé vendredi que le nombre réel « dépasse les trois millions ». Peu avant, plusieurs régions avaient annoncé de nouveaux durcissements des restrictions, appelant le gouvernement central à imposer le couvre-feu nocturne.

Les deux principales villes de Grèce, Athènes et Thessalonique, seront également soumises à un couvre-feu nocturne à partir de samedi.

La situation s’aggrave aussi en Europe de l’Est. « Toute la Pologne sera en zone rouge » samedi, avec fermeture partielle des écoles et des restaurants, a déclaré le premier ministre, Mateusz Morawiecki, vendredi. La République tchèque, où le taux de contaminations et de décès est le pire d’Europe sur les deux dernières semaines, a instauré un confinement partiel jusqu’au 3 novembre.

La pandémie a fait au moins 1 139 406 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP vendredi.

Du côté de la recherche, l’essai clinique du vaccin expérimental développé par AstraZeneca avec l’université britannique d’Oxford a repris aux États-Unis, seul pays où il était encore suspendu à la suite de l’apparition d’une maladie chez un participant.

À voir en vidéo