Craintes d’une possible deuxième vague de COVID-19 au retour des vacances

En Italie, des vacanciers débarquant du traversier en provenance de Sardaigne se soumettent à un test de dépistage pour la COVID-19.
Photo: Vincenzo Pinto Agence France-Presse En Italie, des vacanciers débarquant du traversier en provenance de Sardaigne se soumettent à un test de dépistage pour la COVID-19.

De nombreux pays, à l’image de la Corée du Sud, durcissent les restrictions et les contrôles aux frontières par crainte d’une nouvelle vague de COVID-19, que pourrait notamment favoriser le retour des vacanciers, comme en Italie et en Autriche.

Séoul a étendu dimanche à l’ensemble du territoire sud-coréen les mesures déjà en vigueur dans la région de la capitale, fermant plages, restaurants, bars karaoké et musées, et suspendant les rencontres sportives à huis clos.

La Corée du Sud, un des premiers pays touchés au printemps après la Chine, a fait état, dimanche, de 397 nouveaux cas de coronavirus, la plus forte hausse quotidienne depuis début mars. « La situation est très grave, car nous sommes au bord d’une épidémie nationale », a déclaré dimanche le directeur des Centres coréens de prévention et de lutte contre les maladies, Jung Eun-kyeong.

Ce pays a jusqu’ici réussi à juguler l’épidémie grâce à une stratégie très poussée de tests et de recherche des personnes contaminées, sans imposer de confinement.

Aux États-Unis, le président Donald Trump a annoncé dimanche soir l’autorisation en urgence de la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus à des patients hospitalisés, un traitement déjà largement utilisé aux États-Unis.

Critiqué pour sa gestion de la pandémie, Donald Trump cherche à se relancer en s’appuyant sur des avancées thérapeutiques, même si aucun traitement efficace ou vaccin ne sont attendus avant le scrutin présidentiel du 3 novembre.

La transfusion de ce plasma qui contient des anticorps vise à permettre aux malades d’éliminer plus vite le virus et de limiter les dégâts sur l’organisme. Si le traitement a déjà produit des résultats, son efficacité exacte fait encore débat. Et il présente un risque d’effets secondaires et de transmission d’agents infectieux.

L’Europe sur le qui-vive

En Europe, les retours de congé mettent sur le qui-vive des pays qui craignent une flambée de cas importés de l’étranger.

Ainsi, l’Autriche a instauré samedi de stricts contrôles sanitaires à la frontière slovène, qui provoquent d’immenses encombrements : les vacanciers, notamment allemands et néerlandais, ont patienté à certains endroits jusqu’à dix heures cette nuit. Vienne invoque une hausse constante du nombre de contaminations sur le territoire autrichien, un tiers des vacanciers étant déclarés positifs depuis un mois à leur retour de Croatie.

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L’Italie, le premier pays européen touché au printemps, craint également une deuxième vague : la région de Rome a enregistré en 24 heures un nombre record de nouveaux cas depuis le début de la pandémie, en mars, en majorité liés à des retours de vacances. Sont notamment montrées du doigt les personnes rentrant de Sardaigne, une île épargnée par la première poussée de l’épidémie, mais où les allées et venues de touristes et de fêtards ont contribué à la diffusion du virus.

L’Italie organise des tests en « drive in » pour les vacanciers arrivant de cette île en traversier, à Civitavecchia, un grand port à 70 km au nord de Rome. « À bord du traversier, on était serrés comme des sardines, ils n’ont même pas réduit les capacités des navires ou augmenté leur fréquence », regrette Francesco Mazza, un producteur vidéo de 43 ans, maudissant la « désorganisation italienne ».

En Allemagne aussi, le nombre des nouvelles contaminations a fortement progressé ces derniers jours, en raison du retour massif de touristes allemands qui ont passé leurs vacances dans des zones à risque à l’étranger, selon les autorités.

L’épidémie « ne s’est jamais arrêtée… Elle a seulement été contrôlée pendant le confinement, puis le déconfinement progressif ». « Le risque, c’est que, après avoir enlevé doucement le couvercle de la casserole, l’eau se remette à bouillir », a mis en garde le ministre français de la Santé, Olivier Véran.

À l’échelle mondiale, la pandémie a fait au moins 807 134 morts, et plus de 23 millions de personnes ont été contaminées dans 196 pays et territoires depuis l’apparition du virus en Chine, fin décembre. L’Amérique latine et les Caraïbes sont la région la plus endeuillée avec plus de 257 469 morts, avant l’Europe, puis les États-Unis. Plus de la moitié des décès dus à la COVID-19 sur la planète ont été enregistrés dans quatre pays : les États-Unis, le Brésil, le Mexique et l’Inde.

Au Pérou, une bousculade dans une discothèque de la capitale Lima a provoqué samedi soir la mort de plus de dix personnes qui tentaient de fuir la police, arrivée pour faire respecter le couvre-feu imposé en raison de la pandémie.

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