Peut-être jamais de solution miracle contre la pandémie, avertit l’OMS

Un travailleur de la santé portant un équipement de protection personnelle effectue des tests dans une unité mobile de détection du coronavirus à Hyderabad, en Inde.
Photo: Noah Seelam Agence France-Presse Un travailleur de la santé portant un équipement de protection personnelle effectue des tests dans une unité mobile de détection du coronavirus à Hyderabad, en Inde.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti lundi qu’il n’y aurait peut-être jamais de solution miracle contre la pandémie de COVID-19, en dépit de la course aux vaccins en cours.

« Il n’y a pas de panacée et il n’y en aura peut-être jamais », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse en ligne.

« Les essais cliniques nous donnent de l’espoir. Cela ne veut pas nécessairement dire que nous aurons un vaccin » efficace, notamment sur la durée, a-t-il dit.

Mais ce nouveau coronavirus peut aussi être maîtrisé, a-t-il affirmé, notamment à force de gestes barrières, de « bonnes pratiques » et « d’engagement politique ».

Le comité d’urgence de l’OMS qui s’est réuni vendredi « a été très clair : quand les dirigeants travaillent de façon très étroite avec les populations, cette maladie peut être maîtrisée », a-t-il souligné.

Plusieurs pays qui semblaient avoir passé le plus dur connaissent de nouvelles flambées

 

« Il faut contenir les flambées », « tester, isoler et traiter les patients, rechercher et mettre en quarantaine leurs contacts », mais aussi « informer », a souligné le responsable, en pressant les populations de continuer, elles, à respecter les gestes barrières (distances physiques, port du masque, hygiène…) pour rompre les chaînes de transmission du nouveau coronavirus.

« Le message aux gens et aux gouvernements est : faites tout cela. Et continuez quand c’est maîtrisé ! », a-t-il lancé, après avoir souligné que « plusieurs pays qui semblaient avoir passé le plus dur connaiss [aient] de nouvelles flambées ». La pandémie a fait au moins 689 758 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP lundi. Plus de 18 millions de cas ont été officiellement comptabilisés, dont au moins 10,5 millions ont été guéris.

Le 10 juillet, l’OMS a dépêché en Chine un épidémiologiste et un spécialiste de la santé animale pour une mission exploratoire avant le démarrage d’une enquête que l’organisation de l’ONU pour la santé veut mener sur l’origine du virus, apparu en Chine fin 2019.

Cette mission a achevé le travail préparatoire, a dit lundi Tedros Adhanom Ghebreyesus. « L’équipe avancée de l’OMS qui s’est rendue en Chine a maintenant achevé sa mission consistant à jeter les bases d’efforts communs pour identifier les origines du virus. » « L’OMS et des experts chinois ont rédigé les termes de référence des études et du programme de travail pour une équipe internationale, dirigée par l’OMS », a-t-il expliqué. « L’équipe internationale comprendra d’éminents scientifiques et chercheurs de Chine et du monde entier. Des études épidémiologiques commenceront à Wuhan pour identifier la source potentielle d’infection des premiers cas. »

Selon le Dr Mike Ryan, du Programme de l’OMS pour les urgences sanitaires, l’enquête devrait être de longue haleine, avec des « études rétrospectives spécifiques requérant une approche très en profondeur ».

« Le vrai truc est d’aller vers les cas humains groupés [clusters] survenus en premier, puis de remonter en arrière, à la recherche systématique du premier signal par lequel la barrière de l’espèce animale-humaine a été franchie », selon lui. « Une fois que vous comprenez où la barrière a été franchie, vous passez alors aux études de manière plus systématique du côté animal. »

« Le fait que l’alarme se soit déclenchée » à Wuhan « ne signifie pas nécessairement que c’est là que la maladie est passée des animaux aux humains », a-t-il estimé.

Pour une majorité de chercheurs, le SRAS-CoV-2 — cause de la pandémie — est sans doute né chez la chauve-souris, mais les scientifiques pensent qu’il est passé par une autre espèce avant de se transmettre à l’homme.

C’est cette pièce du puzzle que la communauté scientifique internationale et l’OMS espèrent découvrir, pour mieux cibler les pratiques à risques et éviter une nouvelle pandémie.  

Cinq millions de cas en Amérique du Sud

L’Amérique du Sud et les Caraïbes ont franchi le cap des 5 millions de cas de COVID-19, selon un comptage de l’AFP à partir de chiffres officiels. La pandémie a fait plus de 202 000 morts dans la même région, où le Brésil, qui compte 210 millions d’habitants, reste le pays le plus durement frappé avec près de 95 000 morts. La course aux vaccins continue, mais il n’existe pas pour l’heure de solution miracle contre la COVID-19, a averti lundi l’OMS, alors que la pandémie continue à s’accélérer dans le monde et pousse certaines villes comme Melbourne, en Australie, à refermer les portes des commerces. À ce jour, plus de 18 millions de personnes dans le monde ont été contaminées par le virus et plus de 680 000 en sont mortes, selon un bilan établi lundi par l’AFP. En sinistre position de tête, les États-Unis comptent 154 834 morts, dont 515 en 24 heures, suivis du Brésil (94 665 morts), du Mexique (47 746 décès) et du Royaume-Uni (46 193 morts).


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