Les flambées de cas de COVID-19 forcent le reconfinement de certaines zones

L’épidémie est en pleine expansion dans le sud des États-Unis, en particulier au Texas et en Floride, où plus de 15 000 nouveaux cas de COVID-19 ont été enregistrés en 24 heures.
Photo: Lynne Sladky Associated Press L’épidémie est en pleine expansion dans le sud des États-Unis, en particulier au Texas et en Floride, où plus de 15 000 nouveaux cas de COVID-19 ont été enregistrés en 24 heures.

L’augmentation du nombre de cas de nouveau coronavirus a contraint dimanche la Catalogne à confiner à nouveau chez elles, en plein été, près de 200 000 personnes, et les autorités américaines n’excluent pas un reconfinement dans certains États où l’épidémie s’enflamme.

Les autorités de Catalogne ont ordonné le reconfinement à domicile de plus de 200 000 personnes autour de la ville de Lérida, à une centaine de kilomètres des plages de la côte catalane. La mesure d’isolement de la zone le week-end dernier n’a pas suffi.

C’est la première fois depuis la fin du confinement le 21 juin qu’une telle décision est prise en Espagne, l’un de pays d’Europe les plus touchés (plus de 28 400 morts), et qui compte plusieurs dizaines de nouveaux foyers actifs.

Comme lors du confinement extrêmement strict imposé mi-mars, les personnes vivant dans cette zone auront le droit de sortir de chez elles notamment pour aller travailler, se faire soigner ou acheter à manger.

Selon les autorités, ce foyer de contagion dans la zone de Lérida est lié aux mouvements de travailleurs saisonniers agricoles qui participent en ce moment aux récoltes de fruits dans le nord de l’Espagne.

Les écoles au cœur du débat

Le débat sur la réouverture des écoles, vivement défendue par Donald Trump, faisait rage dimanche aux États-Unis, une question devenue hautement politique, tout comme celle du port du masque en pleine flambée des contaminations dans le pays.

Ils jouent avec la santé de nos enfants

 

L’épidémie est en pleine expansion dans le pays, en particulier au Texas et en Floride, où pourtant une partie du parc d’attractions Disney World, à Orlando, a rouvert au public.

En Floride, plus de 15 000 nouveaux cas de COVID-19 ont été enregistrés en 24 heures, selon des données publiées dimanche par les autorités sanitaires locales, un record pour un État américain.

Un responsable du département américain de la Santé a estimé dimanche qu’un reconfinement dans certaines zones n’était pas exclu.

« Tout devrait être envisagé », a affirmé Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, sur ABC. « Nous sommes tous très inquiets de la hausse du nombre de cas », a-t-il dit, avertissant s’attendre à ce que le nombre d’hospitalisations et de morts continue de grimper.

Les signaux sont alarmants, et le gouvernement Trump reste critiqué pour son absence de stratégie nationale qui laisse aux 50 États américains la responsabilité de gérer la crise.

« Il faut que 90 % des gens portent un masque en public » dans les régions les plus touchées, a souligné Brett Giroir. « Si ce n’est pas le cas, nous ne parviendrons pas à contrôler le virus. »

Donald Trump n’avait jamais porté publiquement de masque jusqu’à samedi, quand il est apparu le visage couvert pour la première fois depuis le début de la pandémie dans un hôpital près de Washington.

Le président américain a contribué à faire de cet objet clé pour freiner la propagation du virus un symbole de division.

Autre sujet mis au premier plan par le président américain : la réouverture des écoles en septembre, qui dépend des autorités locales, et sur laquelle il insiste depuis des semaines.

« J’exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps », a déclaré sur CNN dimanche matin la secrétaire américaine à l’Éducation, Betsy DeVos, relayant l’appel présidentiel.

« Si les écoles ne rouvrent pas et ne tiennent pas leurs promesses, elles ne devraient pas toucher les financements » fédéraux, a-t-elle dit sur Fox News, réitérant une menace formulée par le président républicain.

« Ils jouent avec la santé de nos enfants », a répliqué la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. « Nous voulons tous que nos enfants retournent à l’école. […] Mais ils doivent y retourner en toute sécurité. »

« Retourner à l’école représente le plus gros risque de diffusion du coronavirus », a-t-elle affirmé sur CNN. « Ils ignorent la science », a-t-elle lancé à l’adresse du gouvernement Trump.

Face à la situation de crise actuelle, les recommandations des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) devraient être « obligatoires », a-t-elle encore avancé.

Dans un document interne des CDC destiné à accompagner les autorités locales sur le sujet, obtenu et publié par le New York Times dimanche, la réouverture des écoles et des universités y est considérée comme « le risque le plus haut » de diffusion du virus.

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Des couvre-feux s’imposent

La COVID-19 continue de progresser très rapidement en Afrique du Sud où le président, Cyril Ramaphosa, a décidé dimanche de réimposer un couvre-feu de 21 h à 4 h. Le pays a enregistré quelque 12 000 nouveaux cas de coronavirus chaque jour ces dernières semaines.

Devant la nécessité de ne pas surcharger les hôpitaux, il a aussi été décidé de suspendre la vente d’alcool, à l’origine d’accidents de la route ou autres violences.

L’Autorité palestinienne a prolongé dimanche le bouclage de la Cisjordanie occupée pour lutter contre le nouveau coronavirus après une hausse du nombre de cas, ajoutant la mise en place d’un couvre-feu.

Le gouvernement palestinien avait décidé de boucler la Cisjordanie à partir du 3 juillet, avant de renouveler cette décision quelques jours plus tard, après avoir constaté une recrudescence du nombre de malades.

Les déplacements entre les gouvernorats resteront interdits pour encore deux semaines, a indiqué le porte-parole du gouvernement palestinien Ibrahim Melhem, lors d’une conférence de presse.

Un couvre-feu sera par ailleurs en vigueur tous les jours de 20 h à 6 h, sauf du jeudi soir au dimanche matin, période qui correspond au week-end en Cisjordanie, où il prendra effet toute la journée.

« Il est strictement interdit d’organiser des mariages, des funérailles et des fêtes », a encore dit M. Melhem, ajoutant qu’il était également « strictement interdit » pour les Palestiniens d’aller travailler dans les colonies israéliennes en Cisjordanie.

Au Moyen-Orient, le coronavirus a fait plus de 20 000 morts, dont plus de la moitié en Iran.

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a appelé à « sauver le pays », exhortant chacun à la responsabilité pour « rompre la chaîne de transmission » du virus, dont la résurgence en Iran est « vraiment tragique ».

Depuis son apparition en décembre en Chine, la COVID-19 a tué plus de 566 000 personnes à travers le monde et en a contaminé 12,7 millions.

La contamination semble s’accélérer fortement depuis début juillet avec plus de 2,5 millions de cas supplémentaires.