Plus de 12 millions de cas dans le monde

Les 12 229 127 cas officiellement comptabilisés ne sont qu’une fraction du nombre réel, en raison de méthodes de comptabilisation différentes entre pays.
Photo: Timothy A. Clary Agence France-Presse Les 12 229 127 cas officiellement comptabilisés ne sont qu’une fraction du nombre réel, en raison de méthodes de comptabilisation différentes entre pays.

Cinq millions d’habitants de Melbourne, la 2e ville d’Australie, sont à nouveau confinés jeudi en raison d’une résurgence du coronavirus, qui continue de progresser à l’échelle planétaire, avec plus de 12 millions de personnes atteintes depuis le début de la pandémie.

L’Australie (environ 9000 cas pour 106 morts) est loin des lourds bilans américains et brésiliens, mais Melbourne enregistre plus d’une centaine de nouvelles infections quotidiennes. Les habitants ont reçu l’ordre de rester confinés durant six semaines. Ils ne pourront sortir que pour raisons professionnelles, faire du sport, aller chez le médecin ou acheter des vivres. De telles mesures n’avaient été que récemment levées.

L’État de Victoria, où se trouve Melbourne, a fermé ses frontières pour préserver le reste de l’Australie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé jeudi à l’unité contre le virus, alors que le cap des 12 millions de cas déclarés venait d’être franchi, dont plus de la moitié aux États-Unis, pays le plus touché, et en Amérique latine, selon un comptage réalisé par l’AFP. Sur ces 12 229 127 cas — une fraction du nombre réel, en raison de méthodes de comptabilisation différentes entre pays —, plus de la moitié sont guéris de la COVID-19, qui a fait plus de 554 200 décès recensés dans le monde.

« Nous ne pourrons pas vaincre la pandémie si nous sommes divisés », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, deux jours après que les États-Unis eurent officiellement confirmé leur retrait de l’organisation. L’OMS va également désigner un panel indépendant d’experts pour évaluer sa gestion de la crise sanitaire.

En Europe, la situation semble sous contrôle malgré de nouveaux foyers. Le continent reste le plus durement touché avec plus de 200 000 morts, dont plus des deux tiers au Royaume-Uni, en Italie, en France et en Espagne. Et la Roumanie inspire l’inquiétude : plus de 600 malades de la COVID-19 y ont quitté les hôpitaux ces derniers jours, en pleine flambée des contaminations. Profitant d’un vide législatif qui empêche de les contraindre à l’isolement, ils risquent désormais de transmettre la maladie.

En France, la Mairie de Paris a annoncé que la ville maintenait bien son traditionnel feu d’artifice tiré depuis la tour Eiffel pour la fête nationale du 14 juillet, mais sans public.

En Espagne, où plus de 70 nouveaux foyers de contagions sont apparus, l’archipel touristique des Baléares a décidé de renforcer le port du masque, obligatoire dès lundi dans la rue et dans les espaces publics fermés.

Aux États-Unis où la maladie a fait plus de 133 200 morts pour plus de 3,1 millions de cas, le virus gagne encore du terrain. Après une stabilisation de l’épidémie dans ses premiers foyers, le pays affronte une hausse des infections dans le Sud et l’Ouest. Plusieurs États ont été obligés de suspendre leur processus de déconfinement.

Le président américain, qui a appelé mercredi les écoles à rouvrir, nie la réalité de ce rebond : « Le taux de mortalité du coronavirus [a] été divisé par 10 ! » a-t-il tweeté.

Le nombre de cas s’est aussi envolé à Tulsa (Oklahoma, centre), un peu plus de deux semaines après un meeting de campagne organisé par le locataire de la Maison-Blanche dans cette ville, selon les autorités sanitaires locales.

« Nous sommes montés, nous ne sommes jamais redescendus au niveau de base, et là nous sommes en train de remonter », s’est inquiété Anthony Fauci, plus haut expert en maladies infectieuses du gouvernement américain.

Dans ce contexte tendu, l’OMS a mis en garde contre la probable capacité du virus à se transmettre par voie aérienne, notamment dans les lieux publics, c’est-à-dire de manière beaucoup plus contagieuse qu’initialement envisagé. Des chercheurs ont également établi que les mères positives à la COVID-19 peuvent transmettre le virus à leur enfant à naître, selon une étude.

Deuxième pays le plus touché, le Brésil recense 69 184 morts pour 1 755 780 cas, mais Jair Bolsonaro, son président de 65 ans, contaminé, continue à claironner qu’il va « parfaitement bien ».

Le Pérou a dépassé la barre des 11 000 morts, une semaine après avoir amorcé un déconfinement graduel, et le Mexique a enregistré un nouveau record journalier de 6995 cas mercredi. Et les chiffres officiels bondissent au Venezuela : plus de 1500 malades le 1er juin, plus de 7000 un mois plus tard.

L’Afrique reste loin derrière. Elle a franchi mercredi la barre des 500 000 cas, après avoir dépassé le 1er juillet les 10 000 morts. Au Maroc, peu touché par la pandémie (environ 15 000 cas dont 242 décès), le gouvernement a prolongé jeudi d’un mois l’état d’urgence sanitaire en vigueur depuis la mi-mars.

Vers 45 millions de nouveaux pauvres en Amérique latine?

La pandémie de COVID-19 pourrait faire basculer dans la pauvreté 45 millions de personnes figurant actuellement dans des classes sociales intermédiaires en Amérique latine et dans les Caraïbes, la région la plus inégalitaire au monde, a averti jeudi l’ONU.

Devenue l’épicentre de la pandémie, la région recense plus de trois millions de cas de COVID-19, dont plus de la moitié au Brésil, selon un bilan établi cette semaine par l’AFP à partir de sources officielles. Les autres pays les plus touchés sont le Mexique, le Pérou et le Chili.

Selon le chef de l’ONU, la chute du PIB pour cette région atteindra 9,1 %, la pire en un siècle. L’incidence économique sera d’autant plus dévastatrice que la pandémie touche la région après sept ans de faible croissance, et au moment où de profondes inégalités persistent avec des millions de personnes sans couverture médicale ou eau potable, note l’ONU.

Les Nations unies s’attendent à ce que le taux de pauvreté augmente de 7 % en 2020, soit une hausse de 45 millions de personnes, pour un total de 230 millions de pauvres, représentant ainsi 37,2 % de la population vivant en Amérique latine et dans les Caraïbes.

L’extrême pauvreté devrait aussi augmenter de 4,5 %, soit quelque 28 millions de personnes, pour toucher un total de 96 millions d’individus (15,5 % de la population). Ces personnes vont être « menacées de faim », a déclaré à des journalistes Alicia Barcena, une responsable de l’ONU.

L’ONU estime que pour faire face à la crise et aider les pauvres, les gouvernements doivent fournir un revenu de base d’urgence et des subventions contre la faim. Dans la région, cela implique une moyenne de 140 dollars par mois et par personne, précise l’Organisation.


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