Malgré Viktor Orbán, une indemnité pour les Roms

Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, s'était opposé au paiement d'indemnités aux familles roms victimes de ségrégation scolaire.
Photo: Attila Kisbenedek Agence France-Presse Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, s'était opposé au paiement d'indemnités aux familles roms victimes de ségrégation scolaire.

La plus haute juridiction hongroise a ordonné mardi le versement de compensations financières à des familles roms victimes de ségrégation scolaire, infligeant une rebuffade au premier ministre Viktor Orbán, opposé au paiement de ces indemnités.

L’arrêt rendu par la Cour suprême a confirmé la condamnation de responsables locaux et éducatifs pour avoir permis qu’une soixantaine d’enfants roms de la commune de Gyongyospata fassent leur scolarité dans des classes séparées des autres enfants durant 13 ans.

Le jugement qui octroie le paiement d’environ 280 000 euros de dommages et intérêts aux familles est la cible depuis plusieurs mois d’une campagne de dénigrement du populiste Viktor Orbán qui estime « profondément injuste » que ces plaignants obtiennent de l’argent « sans travailler ». Son gouvernement suggérait que la compensation prenne la forme de programmes de formation.

« Il n’y a aucune possibilité légale d’appliquer une compensation en nature », a indiqué un communiqué de la Cour suprême, soulignant qu’une compensation financière était la seule voie possible.

La ségrégation des élèves sur une base ethnique est illégale en Hongrie, mais cette pratique est répandue, en particulier dans les zones à forte population rom, la plus grande minorité du pays qui compte pour environ 7 % des 9,7 millions d’habitants.

Le député local du parti Fidesz de Vikor Orbán avait qualifié la condamnation de « mauvaise et injuste », estimant qu’elle « punit toute la localité pour les griefs supposés ou réels d’une minorité » et qu’elle « perturbe la paix sociale ».

Le gouvernement hongrois souhaitait faire de ce dossier l’objet d’une nouvelle consultation nationale des électeurs, qui a été reportée en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

L’opposition craignait que cette consultation ouvre la voie à des réformes limitant l’indépendance des tribunaux, tout en alimentant les préjugés contre les Roms.

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