COVID-19: nouvelle quarantaine imposée aux Américains du «Diamond Princess»

Les Tokyoïtes ont pris des mesures de protection contre le COVID-19 pour vaquer à leurs activités quotidiennes.
Photo: Charly Triballeau Agence France-Presse Les Tokyoïtes ont pris des mesures de protection contre le COVID-19 pour vaquer à leurs activités quotidiennes.

Plus de 300 Américains évacués d’un paquebot contaminé par le nouveau coronavirus au large du Japon entamaient lundi une nouvelle période de quarantaine aux États-Unis, pendant que le bilan de l’épidémie continuait à s’alourdir en Chine.

Le bilan de l’épidémie du nouveau coronavirus a dépassé les 1800 morts en Chine continentale, après le décès de 93 nouvelles personnes dans la province du Hubei, selon les chiffres officiels publiés lundi. Les autorités sanitaires du Hubei, épicentre de l’épidémie, ont recensé mardi 1807 nouveaux cas de contamination, en recul par rapport à la veille.

Hors de Chine continentale, cinq pays — les Philippines, Hong Kong, le Japon, la France et Taïwan — ont enregistré un décès chacun.

454
C’est le nombre de personnes, sur les 3700 passagers, qui ont été infectées par le nouveau  coronavirus sur le paquebot «Diamond Princess».

Les autorités chinoises, qui tentent à tout prix d’endiguer la propagation, ont demandé lundi aux personnes guéries du coronavirus de donner leur sang afin d’en extraire le plasma pour soigner les malades.

Si le nouveau coronavirus n’a pas de vaccin, le plasma des anciens patients infectés par la maladie COVID-19 contient des anticorps qui pourraient permettre de diminuer la charge virale chez les personnes gravement atteintes, selon un responsable de la Commission nationale de santé.

Le nombre de contaminations s’élève à au moins 72 300 cas en Chine continentale et à près de 800 signalés dans une trentaine d’autres pays ou territoires.

Le principal foyer de contamination hors de Chine reste le paquebot Diamond Princess, placé en quarantaine début février au large du Japon, après un test positif sur un croisiériste débarqué à Hong Kong.

Ses plus de 3700 passagers avaient reçu l’ordre de rester dans leur cabine pendant deux semaines, mais cela n’a pas empêché la propagation du virus : au moins 454 personnes ont été contaminées, dont 99 cas révélés lundi.

« Une vraie quarantaine »

Alors que les critiques enflent à propos de la gestion du paquebot, plusieurs pays ont commencé à évacuer leurs ressortissants bloqués sur le navire.

Plus de 300 Américains ont été rapatriés par avion jusqu’à deux bases militaires, en Californie et au Texas, où ils ont entamé lundi une nouvelle quarantaine de 14 jours, la durée maximale supposée de l’incubation.

« On aimerait bien retrouver nos familles et nos amis, mais nous comprenons que nous sommes peut-être contaminés », a déclaré Gay Courter, 75 ans, au journal Tampa Bay.

Avant d’embarquer, Sarah Arana avait confié à l’AFP être « heureuse de rentrer ». « On a besoin d’une vraie quarantaine, et ce n’en était pas une », avait-elle estimé.

Parmi les personnes évacuées, quatorze ont appris pendant l’opération qu’elles étaient contaminées, a annoncé le département d’État. Elles ont été isolées des autres passagers dans les avions. À leur arrivée, une partie a été transférée dans un hôpital universitaire d’Omaha, au Nebraska et placée à l’isolement.

Parallèlement, au moins 40 Américains infectés à bord du paquebot sont hospitalisés au Japon, selon Washington. Une poignée d’Américains a refusé de quitter le navire.

Canada

Le gouvernement canadien a annoncé en fin de semaine qu’un avion serait nolisé pour rapatrier les 255 Canadiens qui sont bloqués à bord depuis dix jours.

L’Organisation mondiale de la Santé a prévenu lundi qu’il n’est pas facile de « trouver le bon équilibre » dans cette situation.

« Comme il y a encore énormément de choses qu’on ne connaît pas sur ce virus et sur cette maladie, on met en oeuvre les mesures qui nous semblent les meilleures pour protéger la santé des gens qui sont sur le bateau, mais aussi protéger la santé de la population japonaise », a expliqué la docteure Sylvie Briand, qui dirige le département Pandémies et épidémies de l’OMS.

Affaires mondiales Canada a précisé que les passagers canadiens seront examinés avant de monter à bord de l’avion. Ceux qui présentent des symptômes de COVID-19 seront confiés au système de santé japonais. Les autres prendront le chemin de la base de Trenton, en Ontario, pour 14 jours de quarantaine. On ne sait pas encore à quel moment l’avion se rendra au Japon.

Avec La Presse canadienne