Des pays de l’UE veulent mettre fin à l’errance de bateaux de migrants

Opération de secours en mer Méditerranée
Photo: Andreas Solaro Agence France-Presse Opération de secours en mer Méditerranée

Le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, est resté sur ses positions hostiles à l’accueil de navires de migrants après des discussions d’urgence de ministres de l’UE à Helsinki mercredi sur un « mécanisme de solidarité » face à la crise des migrants traversant la Méditerranée.

Des ministres de l’Intérieur de pays de l’UE s’étaient réunis mercredi soir à Helsinki pour discuter d’un « mécanisme de solidarité », dans l’espoir de mettre fin à l’errance des bateaux auxquels on interdit de débarquer après avoir secouru des migrants en Méditerranée centrale.

Sous l’impulsion de Paris et de Berlin, ils vont tenter de lancer une « coalition de volontaires » qui s’engageraient à se répartir systématiquement l’accueil des personnes secourues, sans avoir à engager de pénibles négociations après chaque sauvetage.

Mais dans un tweet après le dîner, M. Salvini a écrit que « la France et l’Allemagne continuent de vouloir que l’Italie soit parmi les quelques pays d’arrivée, nous travaillons sur un axe méditerranéen solide qui changerait les règles et mettrait fin au trafic d’êtres humains ».

Mateo Salvini avait auparavant rencontré son homologue de Malte, Michael Farrugia.

L’absence de « partage du fardeau » de l’accueil est l’un des principaux arguments de Rome pour justifier la fermeture de ses ports aux navires secourant des migrants. En promettant d’emblée une répartition, l’objectif est de mettre fin aux bras de fer à répétition, notamment avec l’Italie, et d’éviter un drame humanitaire cet été.

Une réunion officielle des ministres de l’Intérieur de l’UE est prévue jeudi à Helsinki, mais la présidence finlandaise de l’UE, à l’initiative de la France et de l’Allemagne, a proposé aux ministres intéressés de se rencontrer dès mercredi soir pour un dîner de travail sur la question des débarquements en Méditerranée.

La liste complète des participants n’est pas connue, mais « six ou sept pays » sont déjà prêts à s’engager dans un groupe de volontaires, tandis que « trois ou quatre » autres hésitent encore, a indiqué une source européenne en amont de la réunion.

La proposition débattue mercredi soir à Helsinki visaità« mettre en place un mécanisme de solidarité temporaire plus prévisible et plus efficace pour assurer le débarquement rapide et digne des migrants secourus en mer par des navires privés dans le port sûr le plus proche », selon le projet de texte qui a été vu par l’AFP.

Deux conditions à remplir

Le mécanisme proposé, qui fonctionnerait « jusqu’en octobre 2019 », prévoit de répartir « aussi vite que possible » les personnes demandant l’asile dans les pays faisant partie de la « coalition de volontaires ».

Ces dernières semaines, « on note une accélération des traversées, peut-être parce que les garde-côtes libyens sont moins actifs », a relevé une source européenne, estimant qu’il fallait à tout prix trouver une solution pour éviter un drame humanitaire.

Deux conditions restent à remplir pour que le « mécanisme de solidarité » se concrétise : réunir suffisamment de pays volontaires et obtenir en contrepartie le feu vert de l’Italie et de Malte pour qu’ils ouvrent leurs ports.

Les chiffres d’arrivées sur les côtes européennes n’ont plus rien à voir avec ceux observés en 2015, mais les crispations entre Européens n’ont pas disparu. Les pays de l’UE n’ont en effet pas su profiter de l’accalmie pour réformer leur système d’asile commun à bout de souffle.

Leurs profondes divisions sur le partage de l’accueil ont en effet rendu impossible la réforme du Règlement de Dublin, qui confie actuellement aux pays d’arrivée la charge du traitement des demandes d’asile.