L’interdiction des ordinateurs en vol par Washington et Londres entre en vigueur

L’interdiction entre en vigueur au cours d’un week-end de pointe avec 1,1 million de passagers attendus entre vendredi et dimanche.
Photo: iStock L’interdiction entre en vigueur au cours d’un week-end de pointe avec 1,1 million de passagers attendus entre vendredi et dimanche.

Fini les ordinateurs en cabine : l’interdiction imposée par les États-Unis et la Grande-Bretagne sur certains vols en provenance de pays arabes et de Turquie est entrée en vigueur samedi, au grand dam des voyageurs d’affaires et de certains parents.

« Je comprends les raisons de sécurité », a indiqué à l’AFP Debbie Corfield, une Britannique rencontrée à l’aéroport de Doha au Qatar, une plateforme visée par l’interdiction américaine.

Mais, « le problème c’est que quand j’aurai besoin de travailler à bord, mon temps de travail sera réduit », ajoute cette consultante pour une société américaine spécialisée dans les logiciels médicaux qui se rend au moins trois fois par an aux États-Unis pour raisons professionnelles.

Selon elle, sa société ainsi que nombre de ses collègues seront « affectés » par la mesure américaine.

1,1 million de passagers

À l’aéroport de Dubaï, un des plus fréquentés au monde, le personnel de la compagnie nationale Emirates était déployé en masse samedi pour expliquer aux passagers l’interdiction et présenter « les activités de loisirs » prévues après le « check in ».

L’interdiction entre en vigueur au cours d’un week-end de pointe avec 1,1 million de passagers attendus entre vendredi et dimanche.

Dans cet aéroport qui accueille le plus grand nombre de passagers internationaux sur la planète, certains parents faisaient grise mine.

« J’ai deux enfants et ils ont toujours un iPad à la main », soupire Samuel Porter qui voyage en famille.

Durée indéterminée

Washington a interdit d’emporter ordinateurs portables et tablettes en cabine sur les avions assurant les vols de neuf compagnies aériennes en provenance de dix aéroports internationaux de pays arabes et de Turquie, invoquant un risque d’attentats.

Les huit pays dont les compagnies et les aéroports sont concernés sont tous alliés ou partenaires des États-Unis : Turquie, Jordanie, Égypte, Arabie saoudite, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis et Maroc.

Les États-Unis n’ont pas précisé la durée de l’interdiction, mais la compagnie aérienne Emirates, basée à Dubaï, a précisé à l’AFP qu’on lui avait ordonné de l’appliquer jusqu’au 14 octobre.

Et même ceux qui pensaient y échapper en achetant ordinateur ou tablette dans les magasins duty-free seront déçus, a indiqué à la radio DubaïEye le président de l’aéroport Paul Griffith, ces derniers étant également soumis à l’interdiction en cabine.

Pour tenter de calmer le mécontentement de ses clients très attachés à leurs écrans portables, Emirates, a mis en place d’un service spécial gratuit permettant d’utiliser des objets électroniques jusqu’à l’embarquement.

L’enjeu est de taille pour cette compagnie qui opère 18 vols quotidiens vers les États-Unis depuis Dubaï. Turkish Airlines a fait de même depuis les aéroports de Turquie.

Solutions de remplacement

À Dubaï samedi matin, certains passagers ont toutefois trouvé des remplacements aux tablettes. « J’ai emporté deux livres. Ça faisait longtemps ! » s’exclame une dame.

De son côté, Abou Dhabi, aéroport des Émirats également frappé par l’interdiction américaine, tente de séduire les passagers par d’autres avantages.

La compagnie nationale Etihad souligne ainsi que s’ils ne pourront bénéficier de leurs tablettes en vol, les voyageurs vers les États-Unis pourront passer tous les contrôles d’immigration et de douanes au départ d’Abou Dhabi, un des seuls aéroports au monde à bénéficier de ce service.

« Ils n’ont ainsi plus besoin de faire la queue en arrivant aux États-Unis », a indiqué Etihad à l’AFP.

   

Idem au Royaume-Uni

Dans la foulée des États-Unis, le Royaume-Uni a annoncé mardi une interdiction quasi similaire affectant la Turquie et cinq pays arabes, soit au Liban, en Jordanie, en Égypte, en Tunisie et en Arabie saoudite.

À l’aéroport de Tunis-Carthage samedi, les voyageurs étaient partagés entre consternation et fatalisme.

« La prochaine fois, on nous demandera peut-être de voyager sans aucun bagage ? Quelle va être la prochaine décision ? Les choses changent tout le temps », peste Haroun, un Britannique en partance pour Londres.

« À Londres, nous venons juste d’avoir un problème », raconte Howard Jones, un touriste britannique, en référence à l’attaque ayant fait mercredi quatre morts et 50 blessés. « Les problèmes sont partout. Le plus important est de travailler ensemble. »

Les interdictions, qui ne sont pas appliquées par d’autres pays touchés par des attentats comme la France, ont été très critiquées.

Certains pointent le fait qu’elles ne visent que des pays musulmans, d’autres commentateurs ont estimé qu’il s’agissait pour les États-Unis d’une forme de protectionnisme alors que des compagnies américaines se plaignent de la concurrence de leurs homologues du Golfe.

1 commentaire
  • Maryse Veilleux - Abonnée 25 mars 2017 09 h 26

    Étendue des mesures

    Cette semaine j'ai pris connaissance de la cause de cette politique, apparamment que daech prépare via ces appareils des explosifs dont pourraient se servir en vol un passager ayant réussit à passer le contrôle des douanes. Personnellement je trouve que cela devrait alors être interdit pour tout le monde, sans égard du lieu de départ et de la nationalité, dans la mesure où on parle de radicalisation présente un peu partout dans le monde. Quant au fait de se priver des ordinateurs en vol... il y a quelques années nous n'en avions pas, donc... nous allons continuer d'exister sans les utiliser quelques heures.