Le califat virtuel toujours aussi efficace

Paris — Le groupe État islamique (EI) a créé sur Internet un « califat virtuel », fruit d’une machine de propagande élaborée et très efficace, que rien ne vient pour l’instant contrecarrer, assure dans un rapport le groupe de réflexion britannique Quilliam, spécialisé dans la déradicalisation.

Pour cette enquête, publiée mardi, une équipe dirigée par le chercheur Charlie Winter de la Quilliam Foundation a enregistré, du 17 juillet au 15 août, tout ce qu’EI a mis en ligne via ses unités de production et de communication.

Le résultat est, selon lui, éloquent : 1146 entrées sur Internet (essentiellement via les réseaux sociaux) ont été enregistrées, soit plus de 38 par jour, que ce soient des photos, des vidéos, des articles ou des enregistrements audio.

« Cette opération de propagande est sans rival, assure Haras Rafiq, directeur de Quilliam. Elle implique des équipes dédiées qui, de l’Afrique de l’Ouest à l’Afghanistan, travaillent sans relâche, nuit et jour, à la production et la dissémination de la marque « califat » ».

La traduction, le classement et l’étude de ces 1146 entrées a permis de constater que, si la violence et les combats sont largement documentés, plus de la moitié des documents postés par EI ont pour but de décrire, sous un jour flatteur, la vie quotidienne dans les régions que contrôle EI en Syrie et en Irak, afin d’attirer des volontaires du monde entier.

Les images d’ultra-violence sont toujours présentes mais semblent désormais surtout destinées à « intimider les populations, afin de décourager les velléités de rébellion et de dissidence », ajoute le rapport.

« La quantité, la qualité et la variété de la propagande de l’État islamique au cours de ce seul mois dépassent de loin la quantité, la qualité et la variété des tentatives, par les acteurs étatiques et non étatiques, menées pour tenter de la contrecarrer », indique le rapport. « Tous les efforts en cours doivent être largement accrus pour espérer progresser dans ce sens. »