La Corée du Nord reconnaît avoir des armes nucléaires - Pyongyang coupe court au dialogue avec Washington et Pékin

Washington - La Corée du Nord a reconnu posséder des armes nucléaires, faisant tourner court une réunion tripartite à Pékin avec la Chine et les États-Unis, lesquels ont dénoncé les menaces de Pyongyang.

«Nous avons dit pendant des années que nous pensions que la Corée du Nord détenait des armes nucléaires. Ce n'est donc pas une grande surprise», a commenté le porte-parole du département d'État, Richard Boucher.

Cette réunion tripartite, initialement prévue de mercredi à aujourd'hui, était la première à haut niveau entre responsables américains et nord-coréens, six mois après le début de la crise sur la question nucléaire avec la Corée du Nord. Aucune nouvelle rencontre n'est prévue.

Le secrétaire d'État américain, Colin Powell, a affirmé hier que les discussions étaient «achevées» et que s'il était possible que les responsables américains et chinois poursuivent des discussions aujourd'hui, la participation de la Corée du Nord était terminée.

Pyongyang avait durci ses propos au deuxième jour d'entretiens, avertissant que «la guerre peut éclater à tout moment» en raison de la tension avec les États-Unis.

Aussi les États-Unis ont-ils tenu à riposter à cette menace à peine dissimulée: les Nord-Coréens «ne devraient pas quitter ces discussions [...] avec la moindre impression que les États-Unis et leurs partenaires, ainsi que les pays de la région, seront intimidés par des déclarations belliqueuses ou par des menaces», a dit M. Powell.

«Ils seraient bien mal avisés de se lancer dans cette direction», a averti le secrétaire d'État, après un discours devant le Conseil Asie-Pacifique américain.

Dans cette allocution, il a souligné que les trois pays avaient chacun défendu des «points de vue forts». «Les Nord-Coréens ont fermement défendu leur point de vue, les Chinois également, ainsi que les États-Unis», a affirmé M. Powell.

«C'était une première réunion», a fait valoir le chef de la diplomatie américaine, soulignant qu'elle n'avait «pas pour but de résoudre des enjeux».

«Elle était un moyen de mettre ensemble dans un cadre multilatéral trois pays qui ont un grand intérêt dans ce problème afin qu'ils échangent leurs points de vue et qu'ils s'écoutent mutuellement», a expliqué M. Powell.

«Une chose est absolument claire à la fin de cette réunion, c'est que la communauté [internationale] est unanime pour dire que la péninsule ne doit pas être autorisée à devenir une puissance nucléaire», a-t-il fait valoir, en remerciant chaleureusement la Chine pour avoir accueilli ces pourparlers.

À lire l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, les entretiens ont été l'occasion pour Pyongyang de réaffirmer que l'abandon de son programme nucléaire se ferait seulement au prix d'un renoncement à l'usage de la force par Washington.

Depuis le début de la crise nucléaire en octobre, la Corée du Nord exige un traité de non-agression de la part de Washington, en échange de quoi elle sera en mesure de satisfaire les préoccupations en matière de «sécurité» concernant son programme atomique.

Une source américaine a cependant affirmé que des informations affirmant que la Corée du Nord avait menacé de faire un test nucléaire pour montrer qu'elle était une puissance nucléaire «n'étaient pas exactes».

«Ils n'ont jamais utilisé le mot "test", a-t-il dit. Nous sommes encore en train de traduire [leurs propos] mais cela a été un peu exagéré», a-t-il précisé.

En octobre, la crise avait éclaté quand les États-Unis ont accusé la Corée du Nord de poursuivre un programme nucléaire secret et ont suspendu leurs livraisons de pétrole à Pyongyang.