Zimbabwe - Les Églises rejettent la victoire de Mugabe

Harare — La communauté chrétienne du Zimbabwe rejette la réélection du président Robert Mugabe le 27 juin dernier en raison du contexte de violence et d'intimidations où elle est intervenue, et exprime son soutien aux efforts visant à former un gouvernement d'union nationale.

Dans un communiqué obtenu hier par Reuters, les chefs de toutes les Églises de ce pays à majorité chrétienne soulignent que la campagne qui opposait Mugabe à Morgan Tsvangirai, chef du principal parti d'opposition, avait donné lieu à des violences sans précédent depuis l'indépendance du pays (1980).

Mugabe a remporté en candidat unique le second tour de la présidentielle, Tsvangirai s'étant retiré de la course en raison des violences visant ses sympathisants alors qu'il était arrivé en tête du premier tour le 29 mars. Selon le Mouvement pour un changement démocratique (MDC) de Tsvangirai, des miliciens favorables à Mugabe ont tué au moins 113 de ses partisans.

«Nous, Églises du Zimbabwe, sommes prêtes et résolues à nous associer à tous les efforts qui aboutiront à une autorité provisoire et, ultérieurement, à un gouvernement d'union nationale, afin de ramener la paix, la stabilité et la réconciliation dans la nation», dit le communiqué ecclésiastique.

Ses auteurs notent que «des personnes ont été soumises aux formes de violence les plus traumatisantes, qu'il s'agisse de tortures, de meurtres, d'enlèvements, de déplacements ou de traumatismes psychologiques».

«En nous fondant sur ce qui a prévalu sur le terrain, nous parvenons à la conclusion que la volonté du peuple du Zimbabwe n'a pas eu l'occasion de s'exprimer authentiquement durant ces élections», écrivent-ils en ajoutant que des violences continuent.

Mugabe, au pouvoir depuis la fin de la tutelle britannique, a imputé les violences à l'opposition.