Enid Blyton, autrice du «Club des Cinq», épinglée pour son «racisme»

L’autrice britannique a été critiquée pour son «racisme et sa xénophobie».
Photo: Flickr Creative Commons L’autrice britannique a été critiquée pour son «racisme et sa xénophobie».

Pour des générations d’enfants du monde entier, l’autrice Enid Blyton évoque les aventures bon enfant du Club des Cinq mais l’association britannique chargée du patrimoine rappelle désormais dans sa documentation que l’autrice britannique a été critiquée pour son « racisme et sa xénophobie ».

Dans une déclaration transmise à l’AFP, l’association English Heritage, chargée de commémorer de célèbres personnalités, a déclaré avoir mis à jour l’entrée sur son site web concernant Enid Blyton pour y inclure « une référence au fait que l’œuvre de l’autrice a été critiquée pour son racisme ».

Bien que ce changement ait eu lieu en juillet 2020, l’affaire a pris d’autres proportions jeudi, lorsqu’il a été révélé par le journal Daily Telegraph.

Cela a suscité une vague d’indignation dans les médias conservateurs, pour qui Enid Blyton est devenue une nouvelle victime de la « cancel culture », mécanisme qui consisterait à ostraciser les personnes dont les opinions sont jugées inacceptables.

« Les Cinq se font annuler ! », s’est exclamé le Daily Express, en référence aux Club des Cinq, l’une des plus célèbres séries de cette prolifique autrice jeunesse, aussi connue pour Le Clan des sept et Oui-Oui.

Selon l’English Heritage, cette mise à jour s’inscrit dans un vaste plan visant à « fournir une image plus complète de la vie de chaque personnalité, y compris des aspects que les gens peuvent trouver troublants ».

Sur son site, l’association cite l’histoire de The Little Black Doll (1966), dans laquelle le visage d’une poupée noire est « nettoyée » par la pluie. Elle indique également que les éditeurs Macmillan avaient refusé en 1960 de publier l’histoire The Mystery That Never Was, invoquant eux-mêmes déjà une « légère mais peu attrayante touche démodée de xénophobie ».

« Il y a des passages d’Enid Blyton, comme l’histoire où une poupée se fait blanchir le visage, qui ne sont pas ce qu’on veut lire à un enfant », estime auprès de l’AFP David Buckingham, qui a écrit sur l’autrice.

Pour ce professeur en communication de l’université de Loughborough, la position d’Enid Blyton, née en 1897, était « d’une certaine manière symptomatique de son époque ».

« Mais cela ne l’exonère pas totalement » , nuance-t-il, rappelant que l’autrice jouissait d’une popularité massive auprès des enfants, mais qu’elle était déjà boudée par les parents de la classe moyenne et l’establishment culturel. Dans les années 1950, elle était ainsi boudée par la BBC « pour la mauvaise qualité » de ses écrits, « jusque dans les années 60 et 70 ».

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